Les femmes sont plus nombreuses parmi les populations pauvres et précarisées, cumulant, dans nos sociétés patriarcales, toute une diversité de facteurs de vulnérabilités susceptibles de les mener à ces situations de pauvreté/ précarité (salaires inférieurs, carrières à temps partiel et/ ou interrompues, chômage plus vif, emplois peu qualifiés, etc.). Cependant, la figure de la femme sans-abri – frange extrême de ce public en pauvreté – reste moins visible et notamment dans l’espace public [48]. Cela est notamment dû à une meilleure utilisation et prise en charge par leur réseau de soutien amical, relationnel, familial, et évidemment assistanciel, que les hommes. Le jugement social construit autour de la femme en rue, qui crée chez elles le sentiment de honte, d’indignité [49], joue également un rôle majeur et peut les amener à se rendre plus invisibles que les hommes. Cette «invisibilité» relative ne remet pas en question l’acuité du problème, et il est important de mieux cerner les réalités des situations et parcours de ces femmes.
Wagener, M. (2014). Les femmes sans abri et sans logement en Région de Bruxelles-capitale, une figure spécifique ?,. In Cahier thématique. Rapport sur l’état de la pauvreté en Région de Bruxelles-Capitale. https://hdl.handle.net/2078.5/52117