De la lutte pour la reconnaissance à la guerre juste : la légitimité de la violence éthique aux sources des injustices sociales : essai de critique démocratique

Okundji Lutula, Lambert
(2014)

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  • Okundji Lutula, LambertUCLouvain
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Hunyadi, Mark
Abstract
(fr) Dans sa réhabilitation de la thématique hégélienne de la reconnaissance, Axel Honneth jette un éclairage fécond sur l’infrastructure morale de notre temps. Comme Hegel, il soutient l’idée force selon laquelle : la revendication de reconnaissance intersubjective de l’identité individuelle introduit une tension morale dans la vie sociale. L’effort de cette idée est d’expliquer l’origine des conflits sociaux à partir de la non-reconnaissance mutuelle de l’identité personnelle. Dans un autre moule conceptuel, le modèle walzérien de la guerre juste surgit comme l’angle paroxysmique des luttes pour la reconnaissance. Sa conditionnalité politique et sa dimension morale le placent comme le dernier recours, parmi les solutions envisageables, d’une lutte contre les injustices collectivement subies. Mais ce dernier recours n’est plus une démarche individuée pour l’autoréalisation. Il sous-entend la mutualisation des efforts de la communauté identificatoire qui cherche sa reconnaissance. Par conséquent, l’enjeu stratégique de la lutte pour la reconnaissance est, sans doute, la jouissance d’une estime sociale, pour autant que celle-ci soit considérée comme une valorisation des qualités singulières qui constituent la spécificité des individus ou des groupes d’individus. Au fond, nous souscrivons au projet selon lequel la lutte pour la reconnaissance constitue une sorte d’ontogenèse de la guerre juste dans sa version walzérienne. Ainsi, mobiliser les lignes fondamentales de la lutte pour la reconnaissance dans une interrogation décidément normative et critique sur la guerre juste, c’est, d’une part, retourner véritablement au réel social en accordant une place de choix au dialecte revendicatif des acteurs sociaux dans la conceptualisation du langage théorique du philosophe critique, et d’autre part, se distancier de la posture critique idéaliste qui consisterait à échafauder des principes généraux et des coordonnées normatives universelles qui ne seraient pas en mesure de répondre concrètement aux aspirations de « l’homme en contexte ». L’expérience négative de l’injustice, le point de vue des victimes, la souffrance en contexte, etc. s’avèrent autant de lieux légitimateurs de toute lutte pour la reconnaissance et de toute reconnaissance des luttes sociales. La démocratie, qui naitrait de ces luttes sociales, devrait être essentiellement locale avec son levier réflexif qui est le paradigme de la « dialogie compromissoire ».
Affiliations

Citations

Okundji Lutula, L. (2014). De la lutte pour la reconnaissance à la guerre juste : la légitimité de la violence éthique aux sources des injustices sociales : essai de critique démocratique. https://hdl.handle.net/2078.5/51904