L’augmentation progressive du ratio bronze–argent durant l’époque hellénistique (d’abord à c. 125:1, ensuite à 137,5:1) entraîne une conséquence directe sur certaines drachmes, dont la masse est réévaluée pour correspondre exactement à une grandeur en bronze donnée. Dès lors, la dichotomie croissante entre les monnaies en argent et les grandeurs en bronze correspondantes entraîne un dédoublement des étalons monétaires hellénistiques : un même système peut admettre un décompte « selon l’étalon de l’argent » (πρὸς ἀργύριον) et un autre décompte « selon l’étalon du bronze » (πρὸς χαλκόν). Tel sera le cas des deux principaux systèmes de Grèce continentale, l’attico-alexandrin et le symmachique. En Syrie, dans le second quart du IIe s., les poids et les monnaies du souverain séleucide Antiochos IV constituent un cas d’étude privilégié pour observer les interactions entre un étalon pondéral et un étalon monétaire, autour du ratio bronze–argent 128:1.
Doyen, C. (2015). Structures hellénistiques. Entre poids et monnaies. La métrologie grecque aux époques classique et hellénistique, Paris. https://hdl.handle.net/2078.5/48498