Certains sourds affirment appartenir à une minorité culturelle et linguistique. Faut-il pour cela réfuter la présence d’un handicap, voire d’un déficit, ou les deux réalités peuvent-elles se conjuguer ? Nous affirmons qu’une dialectique peut s’établir entre les visions déficitaire et culturelle de la surdité, de manière telle qu’il soit possible d’envisager la naissance d’une culture à partir de la réalité d’un déficit physiologique. Les modélisations du handicap y aident en mettant en avant l’interaction entre le déficit personnel et le milieu de vie. La notionde normativité chez Canguilhem invite à penser la création de normes par le vivant. Ces nouvelles normes sont à la fois biologiques et sociales chez l’être humain, comme nous le montre en particulier l’existence des langues signées.
Dagneaux, I. (2016). Normativité et surdité : passer d’un déficit à une culture. Alter, 10(2), 168-180. https://hdl.handle.net/2078.5/48296 (Original work published 2016)