Une réflexion sur les enjeux éthiques des neurosciences renvoie à la question plus fondamentale de l’anthropologie philosophique. Il s’agit d’analyser dans quelle mesure les neurosciences laissent place au libre arbitre dans la conception du comportement humain. Par ailleurs, la conception de la liberté elle-même s’avère importante pour une argumentation éthique cohérente. C’est pourquoi je propose un texte en trois temps. En une première partie, j’évoquerai la question d’une possibilité du libre arbitre en dialogue avec les neurosciences contemporaines, et en particulier avec la problématique de la plasticité neuronale telle que la développent Kandel et Edelman. En un deuxième temps, à partir de la question de la donation de sens, j’évoquerai les diverses conceptions des rapports entre corps, langage et sens, notamment à partir des analyses de Merleau-Ponty. En un troisième temps, j’aborderai deux questions éthiques – la responsabilité juridique et l’implant cérébral – pour montrer comment ces considérations anthropologiques peuvent s’avérer déterminantes dans une approche éthique de l’innovation technologique dans le domaine neuroscientifique.
Feltz, B., & et al. (2014). ‘Neurosciences, langage et libre arbitre. Enjeux anthropologiques et éthiques’. In Magnin, Th. et Monsan, P. (ed.), Ethique des technologies du vivant aujourd’hui. (p. 292 p.). Vrin. https://hdl.handle.net/2078.5/45723