En regardant Adam blessé par le mal, le propos est d’approcher le Dieu de Jésus Christ, d’une part, la situation d’Adam aux prises avec le mal, d’autre part, et enfin la dignité d’Adam qui s’atteste dans cette situation. Le premier moment de l’article recueille le témoignage des Écritures sur l’homme du péché, et plus précisément sur l’humanité de l’homme en proie au mal telle qu’elle apparaît dans le miroir de l’humanité de Dieu en Jésus Christ. Nommer Adam, dire son mal, en théologien, c’est d’abord décrire l’homme du péché à l’aide des Écritures, interprétées depuis leur centre christologique : tel est le chemin de Karl Barth que nous parcourons dans son sillage. Le deuxième moment fait écho à des témoignages contemporains sur la situation de l’homme du péché au siècle des totalitarismes. Nous interrogeons successivement Vassili Grossman (1905-1964), Primo Levi (1919-1987) et Imre Kertész (1929-) comme des témoins privilégiés de ce qui est arrivé à l’homme du XXe siècle. Par le travail de l’écriture, leur expérience s’est muée en leçon d’humanité : l’histoire et la littérature juives, encore elles et, sur le site juif, un propos d’universalisation. Le troisième moment revient sur la Parole de Dieu qui, pour toute réponse au mal, s’identifie au gémissement du Crucifié.