(fr) Éprouvé jusqu’à l’extrême, Job explore ce qu’il est d’une existence humaine en présence de Dieu, entre naissance et mort. En outre, il plaide sa propre cause en alléguant son innocence ; mais l’homme peut-il se justifier devant Dieu ? En s’adressant effrontément au Dieu qui paraît le rejeter Job, enfin, fait œuvre de théologie, sans doute parce que « l’homme absurde, quand il contemple son tourment, faire taire toutes les idoles » . Aussi, dans le sillage du théologien Job, notre propos prendra-t-il tour à tour une tonalité anthropologique, sotériologique puis théologique pour questionner respectivement la situation de l’homme (1. L’homme éprouvé face à son Dieu), le problème de la justice (2. La justice en procès) et la connaissance de Dieu (3. Dieu au creuset du soupçon). Job ose relancer la pensée commune sur l’homme, le salut et Dieu, à partir de l’absurdité de sa situation, dans la conviction que le Dieu caché est aussi le Dieu de l’alliance, vivant et libre, maître de l’histoire. L’ouverture sur l’avenir, dont est empreinte la critique qu’il profère en présence de son Dieu, fait le prix de son insolence.
Bourgine, B. (2017). Job, chercheur de Dieu et théologien. Cahiers Evangile, 182, 126-135. https://hdl.handle.net/2078.5/40405 (Original work published 2017)