Penser l'excès de l'être sur la pensée : le cheminement de la philosophie de Schelling

Longneaux, Arthur
(2024)

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  • Longneaux, ArthurUCLouvain
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Maesschalck, Marc
Abstract
(fr) La recherche doctorale que nous avons réalisée consiste en une interrogation soutenue de la philosophie schellingienne dans toute l’extension de son développement dynamique (de 1794 à 1854) à l’aune de la question de la réalité et de ce que cela signifie, pour la philosophie de Schelling, de parvenir à la penser. Si l’idéalisme allemand dans son ensemble enracine son effort philosophique dans l’idée selon laquelle un authentique savoir doit être conçu comme le lieu d’une identité entre l’être et le connaître, entre la réalité et la pensée, nous avons tenté de montrer que le propre de la philosophie schellingienne est d’avoir été particulièrement sensible aux dimensions par lesquelles l’être, dans sa réalité, excède, échappe ou résiste à la pensée de l’être. C’est à l’aune de cette idée que peuvent se comprendre les deux hypothèses fondamentales de cette recherche : (1) il est possible de comprendre et de rendre compte du devenir de la pensée de Schelling à partir de cette problématique unique (lecture unitaire dudit devenir dans toute son extension) et, (2) c’est à partir de cette dernière que non seulement le sens historique de la philosophie schellingienne, mais également celui de son ultime proposition philosophique (la philosophie positive) peuvent être correctement compris. Notre interrogation de la pensée schellingienne a ainsi pu mettre en évidence la succession de trois grand moments qui structurent l’approfondissement progressif de cette tension entre l’être et la pensée de l’être chez Schelling. La première figure (1794-1807) est celle de l’antériorité génétique du réal à l’encontre de l’idéalité de la conscience réflexive et intentionnelle, réal qu’elle n’a pas fait et qu’elle ne peut reconduire à elle-même et la mise en œuvre d’une interrogation philosophique de la nature en est le lieu d’élaboration conceptuel. Le point essentiel, c’est l’exercice d’un décentrement de la subjectivité consciente, dans la mesure où elle ne peut plus prétendre ni à l’auto-fondation (sur un mode cartésien) ni à la transparence. La seconde figure (1809-1815) n’est autre que la déclinaison de cette relation d’antériorité et d’irréductibilité dans les termes de la conceptualité du vouloir (Wollen), du désir, etc. Les forces transcendantales ayant fait la conscience étaient, jusque-là, conçue comme étant, bien que radicalement dénuées de conscience, analogues à celles de la conscience ; désormais, ces forces peuvent être dites résister à la conscience, s’opposer activement à sa reconduction (à l’image du Grund en 1809). L’usage du vocabulaire du vouloir ouvre ainsi la porte à une compréhension unifiée et continue du procès cosmogonique et anthropogénique – ce que nous avons proposé de désigner par l’intrication ontologique. La résistance que témoignent les forces ontogénétiques transcendantales à l’encontre du lieu de la conscience nécessite toutefois une fondation, laquelle ne sera réalisée que par la mise en évidence d’une transcendance originaire autour de laquelle tourne toute la philosophie tardive (1821-1852). La troisième figure de l’excès de l’être, ainsi, c’est sa thématisation explicite (sous la forme d’une facticité originaire) ainsi que la détermination méthodologique de ce que cela signifie pour la philosophie. Une philosophie authentique, pour Schelling, c’est une philosophie capable de se décliner dans l’élément de la réalité, et, puisque la réalité est conçue dans son excès à l’encontre de la pensée seule, ce sera une philosophie capable d’assumer un dessaisissement originaire – l’extase de la raison comme épreuve fondatrice de la philosophie positive. La pensée schellingienne apparaît de la sorte comme ayant tout à la fois été le lieu d’une progressive remise en question du caractère central de la subjectivité et de la pensée, tout en travaillant activement à mettre en œuvre une philosophie capable, justement, de penser à partir de cette situation, c’est-à-dire depuis l’épreuve même de la transcendance.
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Citations

Longneaux, A. (2024). Penser l’excès de l’être sur la pensée : le cheminement de la philosophie de Schelling. https://hdl.handle.net/2078.5/30676