Dans cette communication nous nous centrons, en croisant les regards du droit et de la sociologie, sur le traitement que le droit belge et européen réserve à la famille migrante, et qui est largement en inadéquation avec les évolutions contemporaines de la famille telles qu'elles sont reconnues actuellement en Belgique dans le cadre des familles " sédentaires ". Le cœur de cet article et consacré à la définition des contours de la " famille migrante " tels qu'ils sont dessinés par le règles régissant le regroupement familial demandé en Belgique par un ressortissant de pays tiers ou par un " national sédentaire ", et ce à partir de l'examen de trois conditions qui sont imposées aux requérants, à savoir a) faire partie d'une famille nucléaire fondée sur des liens biologiques, b) disposer de ressources matérielles et financières " suffisantes " et c) faire état d'une continuité des liens au travers du temps. Nous discutons ensuite ces conditions au regard des évolutions de la famille contemporaine en Europe et plus spécifiquement en Belgique, en abordant en particulier la question de la filiation et des relations intergénérationnelles, pour mettre ensuite en exergue la non-reconnaissance par le droit migratoire de la réalité des dynamiques familiales mises en avant par la littérature sur les familles "transnationales ". Nous concluons en rappelant le principe fondamental du droit à vivre en famille, inscrit dans les texte internationaux, mais largement bafoué par le dispositif du regroupement familial tel qu'il est mis en œuvre en Belgique.
Sarolea, S., & Merla, L. (2018). Migrantes ou sédentaires : des familles ontologiquement différentes ? Colloque “Migrations familiales et usages du droit”, MUCEM, Marseille. https://hdl.handle.net/2078.5/29271