À l’heure où les grands dossiers diplomatiques qui façonnent l’actualité internationale – à commencer par la guerre en Ukraine – se négocient de plus en plus dans les capitales des États du Golfe ou par leur intermédiaire, la géographie de la diplomatie mondiale connaît de profondes mutations. Depuis plusieurs décennies, l’implantation d’organisations et d’agences internationales en Asie, en Afrique ou dans la péninsule arabique témoigne également d’un déplacement partiel des centres de gravité diplomatiques.
Ce numéro de la revue Monde(s) propose une réflexion inédite sur la notion de capitalité diplomatique, ses recompositions géographiques et ses fonctions nouvelles. À travers une série d’études de cas, il montre la coexistence de pratiques diplomatiques institutionnalisées et d’usages plus informels ou para-diplomatiques, qui contribuent à redéfinir les lieux et les modalités de l’action internationale.
Les contributions réunies interrogent les dimensions symboliques, politiques et pratiques du statut de capitale diplomatique, compte tenu du contexte postcolonial et de l’évolution générale des relations internationales depuis la Seconde Guerre mondiale. Elles invitent ainsi à réfléchir aux dynamiques, mais aussi aux limites, de la déseuropéanisation dans la diplomatie contemporaine…