Dans les dernières années de sa vie, le philosophe Michel Foucault explore
dans ses cours au Collège de France comme dans ses ouvrages et entretiens une
idée qui va progressivement s’imposer dans sa pensée : la possibilité de façonner
sa propre vie comme on ferait une oeuvre d’art. Cette formation autonome et
singulière de soi se résume par la formule de « l’esthétique de l’existence », qui
revient de façon récurrente sous la plume de Foucault. Elle constitue l’un des
héritages les plus féconds de sa pensée, bien qu’elle demeure peu développée et
donc fortement énigmatique.
Cet ouvrage collectif se saisit du voeu formulé par Foucault, jusqu’à présent
resté sans suite, d’écrire la longue histoire de « l’esthétique de l’existence ». Sont
ainsi esquissées les généalogies possibles de cette notion, tant en philosophie
que dans la littérature, de l’Antiquité au xixe siècle, puis en poursuivant ses
devenirs dans le monde contemporain.
Au regard de notre actualité traversée par des phénomènes de mise en scène
de soi, par des injonctions au développement personnel, par des pratiques
artistiques qui entendent visibiliser certaines existences, la réflexion autour de
ce concept semble n’avoir jamais été aussi urgente et essentielle qu’aujourd’hui.
Ost, I., Mees, M., & Sabot, P. (2026). Esthétique de l’existence. Généalogies à partir de Michel Foucault. Les Impressions nouvelles. https://hdl.handle.net/2078.5/279101