À l’ère numérique, l’humanité se trouve confrontée à une reconfiguration profonde de ses imaginaires, de ses liens sociaux et de ses modes de résistance. En tant que socio-anthropologue, initialement formé dans la tradition louvaniste de sociologie des religions (Jean Remy, Liliane Voyé, Jean-Pierre Hiernaux, Michael Singleton, Pierre-Joseph
Laurent), j’ai cheminé depuis des artefacts spirituels, comme le chapelet, vers les outils technologiques, tel le téléphone intelligent. Cette transition n’est pas anodine : là où le chapelet connectait les fidèles à une transcendance
supra-sociale, le téléphone intelligent incarne une immanence hyperconnectée, ancrée dans les réseaux sociaux et le collectif numérique. Ces deux objets, bien qu’ils soient séparés par des siècles, partagent une fonction commune : établir une connexion à plus grand que soi. Cette première partie explore comment les technologies numériques façonnent les imaginaires et les rapports au monde, en s’appuyant sur une perspective socio-anthropologique attentive aux dynamiques symboliques et aux résistances qu’elles suscitent.
Servais, O. (2026). L’humanité à l’ère numérique : imaginaires, transaction symbolique et formes de résistance. In Stéphanie Gaudet, Patrice Corriveau, Sophie Théwissen-LeBlanc (ed.), Sciences, savoirs et sociétés : regards croisés francophones (pp. 31-57). Presses de l’Université Laval. https://hdl.handle.net/2078.5/278179