Les « néo-remarqueurs » puristes d'Instagram : le cas de Karine Dijoud et de Docanglicismes. Normes prescriptives ou normes fictives ?

(2026) “Sciences du Langage : Évolutions, Défis et Nouveaux Regards — Location: Grenoble (24.June.2026)

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Les « néo-remarqueurs » puristes d’Instagram : le cas de Karine Dijoud et de Docanglicismes. Normes prescriptives ou normes fictives ? Au XXIe siècle, la place qu’occupent les réseaux sociaux numériques, dans la vie des locuteurs, est indiscutable. Les discours épilinguistiques outrepassent, désormais, les contextes privés d’énonciation pour se manifester de manière publique (Osthus, 2018). Sur ces mêmes réseaux– particulièrement Instagram – les « néo-remarqueurs » commentent, critiquent, voire même proscrivent certains usages linguistiques : anglicismes, étymologie, lexique francophone, néologismes, syntaxe, et phonétique sont scrutés de près. Dans le cadre de cette communication, nous souhaiterions étudier particulièrement deux instagrameurs : lesparenthesesélémentaires (Karine Dijoud) et Docanglicismes_français. La première instagrameuse comptabilise, à ce jour, plus de 4000 publications (réels et images) et est suivie par plus de 430 000 abonnés. C’est une véritable « influenceuse ». Le deuxième, moins connu, compte 286 publications (principalement des images) et est suivi par plus de 1000 abonnés. Afin de restreindre et de comparer les deux corpus, nous nous concentrons sur les cinquante publications les plus récentes de chaque instagrameur. L’analyse de l’argumentaire épilinguistique, employé par ces instagrameurs, révèle que l’idéologie puriste est extrêmement récurrente dans leurs propos comme l’avait déjà remarqué Damar (2010) sur des corpus plus anciens. En effet, les prescriptions et les restrictions d’usages linguistiques sont les pratiques langagières qu’ils privilégient (Paveau et Rosier, 2008). En vue de classer et d’analyser ces propos, nous nous appuyons sur le modèle théorique de l’Imaginaire linguistique (Anne-Marie Houdebine, 1996, 2011). Ce modèle, fondé sur l’opposition des normes objectives et subjectives, nous permet de comprendre finement l’argumentaire puriste. Ces deux instagrameurs emploient-ils encore, au XXIe siècle, des normes fictives (beauté, sonorité, supériorité du français parisien) pour privilégier certains usages linguistiques ? Quelle place occupent les normes prescriptives dans leurs jugements ? Les normes identitaires sont-elles fréquentes dans l’imaginaire linguistique de ces commentateurs ? Après avoir étudié les représentations épilinguistiques de ces deux instagrameurs, nous souhaiterions les comparer avec celles de leurs abonnés. Les locuteurs ordinaires – qui suivent ces deux comptes puristes – manifestent-ils, toujours, cette idéologie ? Quelles sont les pratiques épilinguistiques argumentatives les plus fréquentes dans leurs technodiscussions, pour reprendre la terminologie de Paveau (2017) ? Repère-t-on un changement dans l’imaginaire linguistique ? Les technocommentaires des locuteurs populaires (Becker 2024) – étant fort nombreux – sont extraits grâce à un outil de scraping (Esuit) et sont ensuite déversés sur Voyant Tools. Ce dernier outil d’analyse linguistique nous permet de visualiser, finement, l’argumentaire des discours épilinguistiques. Cette proposition entend ainsi contribuer à une meilleure compréhension des nouvelles formes de normativité linguistique à l’œuvre dans les espaces numériques et de la manière dont elles reflètent, renforcent ou transforment l’idéologie puriste contemporaine. Les autres termes créés par composition, par M-A Paveau, sont technolocuteur, technomot, technosigne, etc. Nous y recherchons, entre autres, les termes : beauté, magnifique, accent, se dit, ne se dit pas, norme, pureté, oreille, saignement des oreilles, dictionnaire, horrible, francophone, etc. Termes topiques du discours puriste (Paveau et Rosier, 2008). Références Becker, Lidia (2024), Introduction : réflexions théoriques et historiographiques sur la linguistique populaire, in Manuel de linguistique populaire, Becker, Lidia, Herling, Sandra & Wochele, Holger (Eds). Berlin/Boston : De Gruyter, 1-36. Damar, Marie-Ève (2010), De la polymorphie du purisme linguistique sur l'Internet, Langage et société, 1, 113-130. Houdebine, Anne-Marie (1996), Imaginaire linguistique et dynamique langagière. Aspects théoriques et méthodologiques, La Bretagne Linguistique, 10, 1-15. −(2011), Concept ou théorie : l’imaginaire linguistique, sa formation, son extension, in L’imaginaire linguistique dans les discours littéraires politiques et médiatiques en Afrique, Nglasso-Mwatha (Ed). Pressac : PUB, 29-50. Osthus, Dietmar (2018), À la recherche du “locuteur ordinaire” : vers une catégorisation des métadiscours, Les Carnets du Cediscor, 14, 18-32. Paveau, Marie-Anne (2017), L’analyse du discours numérique. Dictionnaire des formes et des pratiques, Paris : Hermann. Paveau, Marie-Anne et Rosier, Laurence (2008), La langue française. Passions et polémiques, Paris : Vuibert.
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Citations

Velardo, S. (2026). Les « néo-remarqueurs » puristes d’Instagram : le cas de Karine Dijoud et de Docanglicismes. Normes prescriptives ou normes fictives ? “Sciences du Langage : Évolutions, Défis et Nouveaux Regards, Grenoble. https://hdl.handle.net/2078.5/278089