(fr) Cet article examine les dynamiques foncières dans les territoires de Masisi (Nord‐Kivu) et de Kalehe (Sud‐Kivu), où la rareté des terres, l’insécurité foncière et la marchandisation fragilisent les moyens d’existence paysannes. À partir d’une enquête qualitative combinant 20 entretiens et 12 groupes de discussion, l’étude met en lumière la capacité d’adaptation et la créativité sociale des communautés rurales face à la crise foncière. Quatre formes d’innovation endogène se dégagent: la diversification culturale et l’optimisation de l’espace agricole, le petit élevage (chèvres, moutons, volailles), les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) initiées par les femmes et, enfin, l’exploitation artisanale des ressources naturelles. Ces pratiques révèlent une agentivité paysanne qui dépasse les récits de victimisation associés aux contextes de conflit et montrent que l’insécurité foncière ne bloque pas l’investissement, mais le réoriente vers des stratégies flexibles et défensives. Toutefois, leur durabilité reste menacée par l’absence de reconnaissance juridique des droits coutumiers et la pression croissante de l’agrobusiness.
Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR-Bukavu)Angaza Institute
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Kafunga, M. O., Mulumeoderhwa Polepole, P., Matabaro, N. N., Thige, F. O., Bahizire, J., & Nzweve, J. L. K. (2026). Innovations paysannes face aux conflits fonciers en Territoires de Masisi et de Kalehe à l’Est de la RD Congo. Canadian Geographies / Géographies canadiennes, 70(2), e70068. https://doi.org/10.1111/cag.70076 (Original work published 2026)