Les missions économiques et académiques organisées par la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’étranger font l’objet de critiques, notamment en raison du nombre important de participants, comme pour la mission prévue au Canada. Pourtant, les réduire à des dépenses excessives serait simpliste. Rien ne remplace les rencontres en présentiel : elles favorisent la confiance, les échanges informels et l’émergence de collaborations difficiles à construire à distance. Ces missions jouent aussi un rôle de catalyseur politique et symbolique, donnant visibilité et crédibilité aux accords potentiels.
La diversité des participants reflète celle des secteurs concernés et répond souvent aux besoins exprimés par les acteurs de terrain. Pour les universités, soumises à une pression croissante de diversification des financements, ces déplacements relèvent d’une stratégie d’adaptation plus que d’un privilège. De plus, les montants publics engagés restent limités et marginaux face aux besoins structurels de refinancement de l’enseignement et de la recherche.
Cependant, certaines critiques sont légitimes : la fragmentation institutionnelle belge peut engendrer des redondances, et l’impact réel de ces missions doit être mieux évalué. Plus de transparence sur leurs résultats renforcerait leur légitimité.
Moyson, S. (2026). Missions à l’étranger : le faux procès. La Libre Belgique, 111, 32-33. https://hdl.handle.net/2078.5/275762 (Original work published 2026)