Le travail de care résidentiel. En quoi la prise en compte de l'échelle domestique dans le récit utopique permet de redéfinir le travail de care?

(2025) Utopies féministes au travail - Réorganiser, Redéfinir, Abolir — Location: Strasbourg (6.November.2025)

Files

20250530-abstract-AAC-utopia-Strasbourg.pdf
  • Open Access
  • Adobe PDF
  • 94.61 KB

Details

Authors
Abstract
Les material feminists américaines de la fin du XIXème siècle ont proposé des utopies qui pensaient les sphères productive et reproductive de façon imbriquée (Peirce, Livermore, Perkins Gilman citées par Hayden, 1981 et Dadour, 2022). Dans ces récits utopiques, le travail de care se redéfinit comme une tâche visibilisée, collective, mutualisable et externalisable dans des coopératives de travail domestique, comme dans le cas de Melusina Fay Peirce. La redéfinition du travail du care se concrétise à la fois dans la sphère domestique et à l’échelle urbaine. Durant la seconde vague du féminisme en Europe et aux États-Unis, la sphère domestique, considérée comme le lieu d’oppression (Oakley, 1975; Hayden, 1981; Delphy, 1984) par excellence, est délaissée en tant que lieu de transformation sociale et la sphère du travail productif devient le terreau de revendication visant l’émancipation des femmes. Le black feminism (Davis, 1981 ; hooks 1990) a permis de mettre en évidence que le travail domestique était reporté sur les femmes migrantes les plus pauvres et que, par conséquent, il était nécessaire de reconsidérer la sphère domestique comme un espace à analyser et à requestionner en tant que potentiel lieu de transformation sociale. La troisième vague féministe qui intègre la perspective intersectionnelle, nous encourage à intégrer la sphère du logement dans la redéfinition du travail de care. Ce papier propose une réflexion sur la portée heuristique de l’utopie pour penser le travail de care. Il s’appuie sur quatre scénarios d’anticipation élaborés à partir d’une enquête sur le travail de care en milieu habité dans 5 ensembles de logements collectifs de la Région bruxelloise. Le projet CareTakers Resilience Laboratory of Housing (CTRL+H) a permis de mener des enquêtes qualitatives (entretiens, relevés habités, cartographie des ressources et focus group) auprès de 40 habitant·es et 25 professionnel·les du logement (concierges, éducateurices, travailleurse sociaux-les et bénévoles). Ces enquêtes ont permis de mettre en évidence des vulnérabilités résidentielles prises en charge par différents acteurices (caretakers) dans des espaces distincts (caresupport) : la sphère domestique, la sphère collective/communautaire et la sphère publique à l’échelle du quartier ou de la ville. À partir de cette catégorisation, l'équipe CTRL+H a développé quatre scénarios utopiques/dystopiques qui décrivent des mondes où le travail du care est pris en charge de façon distincte, soulignant, selon les registres déployés, des inégalités, des formes d’oppression et des rapports de pouvoir, mais aussi des formes de coopération et de contestation entre différents acteurs : l’Etat, l’industrie de la Tech, la société civile et les habitant·es. La proposition est originale à trois égards. Premièrement, l’approche permet de réintégrer l’échelle du logement dans les récits utopiques de redéfinition du travail. Deuxièmement, elle permet de mettre en évidence le passage de données qualitatives récoltées auprès d’acteurices distinct·es en récit utopique et troisièmement, elle propose une approche créative de résultats de recherche par la diffusion de films animés des scénarios utopiques. Le colloque sera l’occasion de mettre en débat cette production permettant de redéfinir le travail du care par des approches créatives.
Affiliations

Citations

Peltier, E., & Salembier, C. (2025). Le travail de care résidentiel. En quoi la prise en compte de l’échelle domestique dans le récit utopique permet de redéfinir le travail de care? Utopies féministes au travail - Réorganiser, Redéfinir, Abolir, Strasbourg. https://hdl.handle.net/2078.5/270610