Généralement, les enfants d’immigrés connaissent une surmortalité par rapport à ceux des natifs. Si ce constat n'est pas nouveau, les efforts pour analyser plusieurs indicateurs d’intégration et les mettre en lien avec la mortalité des enfants ont rarement été combinés jusqu’à présent. Cette étude explore la relation entre l’intégration et la mortalité infanto-juvénile en Belgique au moyen de trois indicateurs. Nous explorons les effets des migrations internes caractérisées par le niveau de ségrégation ethnique des communes en plus des effets des unions (ou parentalité) mixtes et de la naturalisation, deux mesures classiques de l’intégration. Les données proviennent du lien entre les bulletins des naissances survenues entre 1998 et 2015 et des décès survenus entre 2000 et 2019, les recensements de 1991 et 2011 ainsi que le registre de population pour les années 1991-2015. Elles concernent de 2 101 579 naissances pour 8 738 décès de moins de 5 ans en Belgique chez les femmes nées en Belgique et celles nées en Afrique Subsaharienne, Afrique du Nord, Europe de l’Est, d’autres pays d’Europe, Asie puis d’autres régions. Une approche longitudinale a été utilisée pour analyser la mortalité des enfants de moins de cinq ans via le modèle de Weibull, ajusté aux caractéristiques de l’enfant et des parents sous forme d’un score de propension. En termes de résultats, l’effet protecteur de la parentalité mixte et de la nationalité belge a été démontré mais reste toutefois limité aux enfants dont les pères sont natifs. Quant aux migrations internes, elles bénéficient aussi bien aux mères natives qu’aux mères immigrées en termes de survie des enfants.
Idohou, E. (2024). Mortalité infanto-juvénile selon les origines migratoires en Belgique : L’intégration compte-t-elle ? https://hdl.handle.net/2078.5/269162