Quand l’école rencontre l’écologie : analyse du mouvement des « écoles du dehors » en Fédération Wallonie-Bruxelles

(2023) ABC-Day 2023 : La transformation des enjeux d’enseignement dans une société en transition : choix ou non-choix ? — Location: Namur, Belgique (24.November.2023)

Files

MazuinB_AbstractABC-Day2023.pdf
  • Open Access
  • Adobe PDF
  • 145.78 KB

Details

Authors
Abstract
L’urgence climatique a contraint les institutions de la modernité à réévaluer leur rôle face à la crise écologique (Dunlap & Brulle, 2015). Le contexte postpandémie a de surcroit accéléré une réflexion profonde sur l’avenir de l’éducation (Azorín, 2020), prolongeant en réalité des critiques de longue date adressées à la forme scolaire (Mehta & Datnow, 2020 ; Tyack & Tobin, 1994). Les « écoles du dehors » (Wagnon & Martel, 2022), en tant que mouvement inter-organisationnel émergent, constituent un carrefour unique pour comprendre le rôle des organisations dans le changement social. D’une part, à travers un nouveau rapport à l’espace, une redéfinition des relations pédagogiques et une conception actualisée de l’apprentissage, les écoles du dehors rompent avec les normes et pratiques scolaires conventionnelles. D’autre part, ce changement éducatif se distingue par son émergence ascendante, contrairement aux initiatives politiques traditionnelles (Cohen & Mehta, 2017). Il semble, en effet, résulter de la rencontre entre acteurs scolaires engagés et militants environnementaux, déterminés à mettre de nouvelles préoccupations à l’agenda scolaire. Pour analyser l’institutionnalisation de ces modèles éducatifs alternatifs, en particulier des écoles du dehors, nous utilisons un cadre conceptuel combinant les théories du nouvel institutionnalisme et de la sociologie des mouvements sociaux. Cette approche interdisciplinaire est nécessaire pour comprendre la création d’espaces « interstitiels » (Furnari, 2014 ; Zietsma et al., 2017), où l’activisme environnemental et l’institution scolaire se rencontrent. Le concept de « champ d’enjeux interstitiel » (Zietsma et al., 2017) reconnait que les champs institutionnels évoluent grâce à des conflits internes, mais aussi via l’émergence de nouveaux espaces de débat et de contestation. Ceux-ci permettent de formuler des questions qui ne sont pas encore institutionnalisées et d’influencer l’agenda des questions à l’échelle plus large. Cette étude vise à comprendre l’émergence et le développement du mouvement des « écoles du dehors » en Belgique francophone. Le rôle des mouvements sociaux en tant que moteurs de changement multidimensionnel (Rao et al., 2000 ; Schneiberg & Lounsbury, 2017) y est analysé, dans le contexte du champ institutionnel bien établi de l’éducation. À partir d’articles de presse, des méthodes de traitement automatique du langage, telles que décrites par Hannigan & Casasnovas (2020), visent un triple objectif : (1) identifier les parties prenantes impliquées au sein du potentiel « champ interstitiel », (2) analyser le cadrage cognitif des enjeux, tout en (3) explorant les interactions entre ces dimensions sociales et cognitives. Cette approche permet de mettre en lumière comment la diversité des acteurs et des logiques concurrentes affecte la définition des problèmes.
Affiliations

Citations

Mazuin, B., Dumay, X., & März, V. (2023). Quand l’école rencontre l’écologie : analyse du mouvement des « écoles du dehors » en Fédération Wallonie-Bruxelles. ABC-Day 2023 : La transformation des enjeux d’enseignement dans une société en transition : choix ou non-choix ?, Namur, Belgique. https://hdl.handle.net/2078.5/268896