Cette communication porte sur les formes de cohabitation mises en place par des travailleuses du care migrantes à Bruxelles. À partir de leurs pratiques de mobilité quotidiennes, il s’agit d’identifier les contraintes auxquelles sont confrontées ces travailleuses alors qu’elles exercent dans des conditions de travail particulièrement pénibles. L’enquête révèle une série de stratégies que les travailleuses du care mettent à place, pour parvenir à assumer à la fois le soin de leurs clients et le soin de leurs propres foyers. Parmi ces stratégies, souvent jouées à la marge, certaines peuvent toucher au mode d’habitat des travailleuses, à leur « choix » – toujours contraint – de localisation dans la ville (par exemple, habiter à proximité des infrastructures de transport public, ou à proximité d’amis ou de la famille), ou encore à l’organisation de leur maisonnée. Il s’agit donc, pour cette communication d’étudier ce qui se passe sur un des segments de la chaine du care (Hochschild, 2004), au sein des foyer de ces travailleuses. À partir de l’étude de cas de trois maisonnées de travailleuses du care migrantes, et de la répartition des ressources (notamment temporelle et financière) en leur sein, nous étudierons dans quelle mesure différents modes de cohabitation peuvent être à la fois imposés par la nécessité économique mais aussi constituer un levier stratégique pour parvenir à vivre en ville et à y travailler quand on est une femme migrante travailleuse du care, éventuellement sans titre de séjour valide.
Emmanuel, N. (2023). Les travailleuses du care et leur maisonnée : études de cas de reconfigurations domestiques de travailleuses du soin à Bruxelles. Habiter le care, UCL. https://hdl.handle.net/2078.5/26722