« ben perso j'ai déjà es~ j'ai déjà essayé deux trois fois. A propos des amorces de morphèmes en français parlé »

(2026) Travaux de linguistique - revue internationale de linguistique française — (2026)

Files

ARTICLE-Dister-Amorces_dans_les_Vocaux_version-non-definitive.pdf
  • Open Access
  • Adobe PDF
  • 972.04 KB

Details

Authors
Abstract
Les études sur la langue parlée ont permis de dégager des phénomènes propres à l’oral, qu’on regroupe souvent sous l’appellation générale de disfluences. On entend par là un certain nombre de traits propres à la production de la langue parlée, d’« achoppements » dans la linéarité de l’énoncé, de marques du discours en cours d’élaboration ; ces phénomènes sont inhérents aux productions orales, même si leur fréquence semble dépendante de la planification ou non de l’énoncé. Au lieu de la disfluence, le déroulement syntagmatique est brisé et l’on assiste à un piétinement sur l’axe syntagmatique, qui a été modélisé par Shriberg (1994 : 7-9), à la suite notamment de Levelt (1983). Dans cet article, nous nous intéressons à l’une de ces marques de disfluence, les amorces de mots. Nous appelons amorce le phénomène langagier qui consiste en « une interruption de morphèmes en cours d’énonciation » (Pallaud 2002 : 79). Selon Blanche-Benveniste et al. (1990), l’amorce participe d’un phénomène d’anticipation, marqué par des allées et venues sur l’axe syntagmatique. L’exemple suivant est un cas typique d’amorce. Le morphème interrompu – noté dans les Vocaux par un tilde collé directement à la droite de celui-ci, au lieu de l’interruption – est complété plus loin dans l’énoncé, où il est repris sous sa forme pleine : enfin pour moi sans sans re~ sans respect il y a pas de sport en fait <FILE_ID=61_74> Dans cette communication, nous analysons 300 amorces issues du corpus Les Vocaux. Dans un premier temps, notre réflexion porte sur les choix de transcription et les effets qu’ils peuvent avoir sur le phénomène que nous étudions. Nous analysons ensuite nos données, en les répartissant en trois grandes catégories selon que l’élément amorcé est complété, modifié ou abandonné au profit d’une autre construction. Nous nous penchons sur ce qui se joue dans l’interregnum (Shriberg 1994 : 8), le lieu entre l’interruption et la reprise du déroulement syntagmatique de l’énoncé. Nous verrons quelles classes de mots sont concernées, et le rapport qu’entretient l’amorce avec d’autres disfluences. Nous comparons les résultats avec ceux obtenus dans un corpus de conversations (Dister 2007).
Affiliations

Citations

Dister, A. (2026). « ben perso j’ai déjà es~ j’ai déjà essayé deux trois fois. A propos des amorces de morphèmes en français parlé ». Travaux de linguistique - revue internationale de linguistique française. Accepted/in-press. (Original work published 2026)