Commentaire exégétique d'Is 5,1-7. Comme un vin subtil et pondéreux, Is 5 se laisse découvrir et apprécier petit à petit. Il ne dévoile pas tous ses arômes d’un seul trait. Par son ouverture poétique (« Que je chante ») – son « attaque », en termes œnologiques – et son vocabulaire affectif (« ami », « bien-aimé »), il oriente l’auditeur/lecteur vers le domaine des relations amoureuses. Par sa dimension fabulaire (un homme intente un procès à une vigne), il l’invite à une lente dégustation et à un subtil décodage. Par sa forme parabolique, il piège ce lecteur dans une accusation sans échappatoire possible (« La vigne de Yhwh Sabbaoth, c’est la maison d’Israël… »). Bref, par ses qualités rhétoriques, il fait montre – comme tout grand cru – d’ « une complexité et d’une sophistication impressionnantes ». Une fois gouté, impossible de ne pas apprécier sa « longueur » et de ne pas y revenir.
Luciani, D. (2025). L’enivrante et subtile complexité du chant de la vigne (Is 5,1-7). In Matthieu Arnold, Gilbert Dahan, Annie Noblesse-Rocher (ed.), Isaïe 5,1-7. Le chant de la Vigne (p. p. 13-40). Cerf.