Cette contribution ethnosociologique s’appuie sur une enquête de terrain réalisée dans quatre pays européens francophones (la Belgique, la France, le Luxembourg et la Suisse), entre 2013 et 2019, recoupée et discutée avec d’autres résultats de recherches sociologiques et anthropologiques anglophones et francophones, concernant l’hétérogénéisation des parcours familiaux. Les leçons tirées de cet exercice ont fait l’objet d’une thèse en sociologie publiée en 2022(1). Ce texte est largement inspiré de cet ouvrage ainsi que de deux articles de commande pour des ouvrages en droit, du même auteur(2). Le chapitre commence par une brève introduction au contexte théorique et empirique de l’enquête. Cette introduction rappelle les phénomènes qui ont marqué la parenté européenne ces soixante dernières années. Résumé en un seul mot, l’ensemble de ces phénomènes est baptisé déconjugalisation de la famille. Ensuite, le chapitre se poursuit par une explicitation du phénomène à partir des familles déconjugalisées étudiées, formant un groupe stratégique de configuration qui ont fait famille sans faire couple, allant de la mère célibataire par choix aux poly- amoureux qui se pensent et s’affichent comme des familles. Puis, dans une démarche de clarification du social, sont décrits trois régimes de réalisation des fonctions de la famille : du plus conjugal au plus déconjugalisé. Avant de conclure, une dernière focale est mise sur les relations polyamoureuses, en cohérence avec la thématique de ce volume, répondant brièvement aux questions posées lors du séminaire.
Wauthier, P.-Y. (2025). Monogamies successives, polyamories concomitantes : partenariats, cohabitations et transmissions déconjugalisés ? In Fulchiron, Hugues (ed.), Penser la famille au pluriel (p. p. 29-39). LexisNexis.