Gestionnarisation de l'occupation : étude ethnographique d'une occupation temporaire bruxelloise

(2024) Management en action — Location: Poitiers (11.October.2024)

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Depuis les années 2000 à Bruxelles, l’occupation de bâtiments vides est encadrée juridiquement par la convention d’occupation temporaire. A partir des années 2010, des associations et des entreprises se spécialisent dans l’occupation temporaire et proposent aux propriétaires de bâtiments vides de gérer leur bien pendant la période transitoire du bâtiment (Adisson, 2017). Ainsi, l’occupation de bâtiments vides suit aujourd’hui une logique de marché, entre l’offre de ces gestionnaires d’occupation et la demande des propriétaires (Vanwelde, 2018). Ces gestionnaires d’occupation agissent ainsi comme des intermédiaires entre les propriétaires et les occupant.es en reprenant les pratiques managériales de la gestion immobilière (Arab et Miot, 2020). Toutefois, les premières formes d’occupation temporaire de bâtiments vides, communément appelées squats et toujours existantes aujourd’hui, s’organisent dans une toute autre dynamique, régie par une relation agonistique entre les propriétaires et les occupant.es squatteur.euses. Ces occupations temporaires sont organisées horizontalement et collectivement par les occupant.es qui, en investissant les lieux, luttent pour le droit au logement et le droit à la ville (Mathieu et al, 2020, Bouillon & Agier, 2009 ; Aguilera et Bouillon, 2013), in fine loin des pratiques managériales de gestion d’occupation (Pesqueux, 2020). Dans le cadre du colloque doctoral “management en action”, je m'intéresse spécifiquement aux pratiques managériales des occupations temporaires gestionnaires (ibid). Sur base des données issues d’une ethnographie dans une occupation temporaire bruxelloise, je propose d’aborder la question suivante : Que produisent les pratiques managériales du gestionnaire dans l’organisation collective des occupant.es de l’occupation temporaire? Ce travail s'inscrit dans le courant théorique de la communication organisationnelle, qui démontre la capacité organisante de la communication (Benoit-Barné et Cooren, 2009). Selon cette approche, la communication est la matérialisation des relations et l'organisation est un construit collectif émanant des interactions des membres (Grosjean, 2013). C’est donc sur cet appui théorique que se base l’analyse de mes données. La méthodologie utilisée est une ethnographie de deux ans de participation et d’observations dans une occupation temporaire située à Bruxelles. L'entreprise gestionnaire de cette occupation se définit comme accélérateur de projets culturels, sociaux et durables et met les locaux à disposition de porteur.euses de projets bruxellois. Le corpus de données est constitué de notes de terrain issues de réunions et de discussions informelles entre et avec les occupant.es et les gestionnaires de l'occupation, d’entretiens semi-dirigés et des photographies. Son analyse suit les règles de l'ethnographie organisationnelle (Yanow, 2009) et se concentre sur les interactions entre les membres de l’occupation. Dans un premier temps descriptive, l’analyse démontre comment les pratiques managériales sont constitutives de l’organisation de cette occupation et participent ainsi au phénomène de gestionnarisation de l’occupation. Dans un second temps, est développé comment ces pratiques managériales entraînent une individualisation des occupant.es du lieu.
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Citations

de Briey, O. (2024). Gestionnarisation de l’occupation : étude ethnographique d’une occupation temporaire bruxelloise. Management en action, Poitiers.