Ce chapitre aborde dans un premier temps l’environnement familial des personnes originaires d’Afrique subsaharienne vivant en Belgique, qu’elles y aient immigré ou qu’elles y soient nées, en s’intéressant aux ménages dans lesquels elles vivent, à leur situation matrimoniale et à leur situation parentale. Si l’accent est mis sur les situations en lien avec la famille nucléaire (éventuels conjoints et/ou enfants), nous étudions aussi la configuration des ménages, qui peuvent être plus complexes. Le sujet des familles transnationales, dispersées entre le pays d’origine, le pays de destination et parfois d’autres pays, est également abordé. Comme d’autres recherches sur les migrations subsahariennes en Europe l’ont montré, des personnes « font famille » à distance, que ce soit par choix, en raison de contraintes financières ou à cause des restrictions des politiques migratoires visant à réglementer le regroupement familial (Beauchemin et al., 2014 ; Mazzucato, 2011). Ce chapitre traite aussi des liens transnationaux que les répondant·es entretiennent avec leur pays et leur continent d’origine. Ces liens peuvent concerner les sphères sociale, économique, culturelle et politique. Les pratiques transnationales peuvent prendre la forme de contacts réguliers avec des personnes vivant dans le pays d’origine, de visites, de transferts d’argent ou d’investissements en Afrique. L’analyse des pratiques transnationales met en évidence à quel point et comment les personnes sont engagées dans leur pays d’origine, ou plus largement en Afrique, et ce malgré la distance (Guarnizo & Smith, 1998). Enfin, ce chapitre analyse les liens entre transnationalisme et aspirations au retour dans le pays d’origine.
Flahaux, M.-L., Neya, S., Nsengiyumva, J.-L., Godin, M., Schoumaker, B., Begu Mbolipay, J., Zimmer, N., Vaussy, E., Diallo, M., Drioui, C., & Demart, S. (2025). Un portrait des personnes originaires d’Afrique subsaharienne en Belgique : environnement familial et liens transnationaux. Fondation Roi Baudouin.