À Bruxelles, les hirondelles ont connu une histoire mouvementée qui n’a pas manqué de rallier des ornithologues de terrain avec des habitant·es, des associations ou des industries locales. Là où les colonies d’hirondelles de fenêtre autrefois dispersées dans les quartiers y ont quasi disparu, ces oiseaux se sont installés dans une zone industrielle et portuaire de la ville où, malgré l’ampleur des dégâts écologiques, elles trouvent encore de la boue pour façonner leur nid. C’est aussi dans cette zone que les naturalistes ont réussi à attirer des hirondelles de rivage, alors éteintes dans la région. Année après année, elles reviennent de plus en plus nombreuses, et nichent dans les berges bétonnées, là où on ne les attend pas. Comment peut-on raconter ce paysage, ce bout de territoire urbain où les hirondelles surprennent et enchantent, mais qui est aussi profondément marqué par des histoires de destruction ? Il s’agit ici de suivre le fil de cette ambivalence qui, lors de ma recherche sur l’engagement de différentes personnes avec ces oiseaux, s’est immiscée entre elles et moi.
d’Hoop, A. (2025). Le paysage des hirondelles bruxelloises, sur le fil d’une ambivalence. Vivre, travailler et cohabiter avec le vivant, Quiberon, France. https://hdl.handle.net/2078.5/260016