La philosophie d’Anscombe est fortement marquée par l’influence de Wittgenstein, qui ne voyait pas en elle une disciple – ce qu’il aurait détesté par-dessus tout – mais une philosophe originale, dont la puissance de pensée continue d’intriguer nos contemporains. Elle est en outre considérée comme l’initiatrice d’un renouveau de l’intérêt philosophique pour la philosophie de l’action , qui émerge vers le milieu du vingtième siècle, au même moment que la philosophie des actes de parole de son collègue d’Oxford, John L. Austin. L’intérêt central d’Anscombe pour la philosophie de l’action explique sa référence constante à Aristote et à Thomas d’Aquin. Sa pensée est, en outre, fortement imprégnée d’interrogations relatives à la foi et à l’éthique. Celles-ci fondent, pour ainsi dire, l’essentiel de ses préoccupations philosophiques, même si – comme le montrent entre autres les travaux de Philippa Foot, et de Michael Thompson – il est tout à fait possible de faire un usage extra-religieux (même au sein de la philosophie morale) de ses investigations philosophiques. C’est ce dont témoigne le texte sur « la bonne et la mauvaise action humaine » repris dans ce recueil. Anscombe elle-même tenait à ce que ses réflexions philosophiques ne soient pas parasitées par des éléments de foi, de croyance ou de conviction morale, mais relèvent, autant que faire se peut, de la stricte analyse conceptuelle, et de la description de la grammaire du langage
Aucouturier, V., & Anscombe, E. (2026). Elizabeth Anscombe. La bonne et la mauvaise action humaine. In Rey, Anne-Lise (ed.), Philosophies : féminin pluriel. Anthologie des femmes philosophes (Classiques Garnier). Garnier. https://hdl.handle.net/2078.5/259871