Ce à quoi les droits nous obligent: le souci d'une approche cosmopolitique du droit et des savoirs

(2025) Invitation par l’Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones — Location: UQAM - Montréal (10.March.2025)

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Résumé : Suivant une lecture cosmopolitique du droit et inspiré par Stengers (2022) et Latour (2015), cette contribution explore la nécessité éthique et les ouvertures interprétatives du droit face à la diversité des savoirs et régimes de vérité. Cette démarche cosmopolitique dénonce que, alors présentée comme universelle, l’énonciation des droits humains et du droit international demeure marquée par l’hégémonie du langage occidental, un humanisme néolibéral et la disqualification des savoirs autres que ceux de la science positiviste (Arvidsson & Jones, 2024). Deux régimes juridiques sont analysés sous cet angle critique. D’une part, le droit international sur l’accès et le partage des ressources phytogénétiques (Convention sur la diversité biologique, Traité sur les semences) et les négociations sur les informations de séquences génétiques qui témoignent d’un mépris pour les savoirs traditionnels. Ils adoptent une vision scientifique occidentale des plantes comme simples lignes de gènes, librement accessibles et exploitables, souvent sans le consentement des communautés qui en sont les gardiennes (Oguamanam, 2022). D’autre part, le régime de la propriété intellectuelle appliqué à ces ressources génétiques reflète des injustices épistémiques. Les protections offertes privilégient les approches scientifiques dites "innovatives" et "susceptibles d’application industrielle", excluant ainsi de nombreux savoirs traditionnels et les contributions des communautés agricoles locales (Whatmore, 2002). En mobilisant la philosophie du droit (cosmopolitique, post-humaine et relationnelle) et des outils juridiques, cet article propose une relecture cosmopolitique des cadres juridiques pour dépasser une monoculture interprétative fondée sur des biais occidentaux modernes et positivistes. Il s’agit d’ouvrir de nouvelles perspectives, notamment en interprétant les droits suivants : le droit humain à la science, vu comme un droit à une participation active et inclusive (Besson, 2024) ; les droits des agriculteur·ices, la protection des savoirs traditionnels, les droits à l’alimentation (TIRPAA, UNDROP), ainsi que les droits bioculturels et la restitution post colonisation (UNIDROIT).
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Citations

Walckiers, P. (2025). Ce à quoi les droits nous obligent: le souci d’une approche cosmopolitique du droit et des savoirs. Invitation par l’Équipe de Recherche sur les Cosmopolitiques Autochtones, UQAM - Montréal. https://hdl.handle.net/2078.5/259451