Réhabilitation d'une dune vive par fixation mécanique: flux éoliens, fertilité du sol et biodiversité des herbacées

Tidjani, Adamou Didier;Ambouta, Jean-Marie;Bielders, Charles
(2009) Geo-Eco-Trop — Vol. 33, p. 81-98 (2009)

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  • Tidjani, Adamou DidierUCLouvain
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  • Ambouta, Jean-MarieUniversité A. Moumouni, Niamey
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Abstract
Au Niger, la fixation de dunes combine généralement des techniques mécaniques et biologiques. Largement empirique, la mise en place de ces mesures n'a, à ce jour, pas fait l'objet d'un suivi en termes de réduction des flux éoliens et de restauration des sols et de la végétation. Le but de ce travail était dès lors d'évaluer l'efficacité d'une barrière physique antiérosive sur les flux de sédiments éoliens, la fertilité du sol et la couverture herbacée naturelle. Le dispositif expérimental, long de 200 m et large de 40 m est installé sur une dune vive et mis en défens. Il est subdivisé en 40 parcelles de 20 m x 10 m de large délimitées par des palissades de Leptadenia pyrotechnica. Les mesures de flux de sédiments ont été effectuées durant la période d'harmattan en 2005, 2006 et 2007 à l'aide de capteurs de sédiments de type MWAC alignés selon 8 transects orientés parallèlement aux vents dominants. Un suivi spatiotemporel a permis d'évaluer l'impact qualitatif et quantitatif du brise-vent, la fertilité du sol et la végétation herbacée. En 2007, l'essentiel des flux de sédiment s'est produit entre mi-février et mi-mars. En 2005, la première palissade a réduit de plus de 98 % les flux éoliens sur une distance de 10 fois sa hauteur. L'efficacité observée en 2006 et 2007 était pratiquement de 100 %. Cette efficacité accrue est attribuable au retour des herbacées au sein de la zone mise en défens. L'efficacité des palissades antiérosives se traduit par des dépôts de sédiments pouvant atteindre 9 cm d'épaisseur en un an à 1 m au vent de palissades. Les argiles et les limons sont très faiblement représentés dans les dépôts mais on observe un enrichissement en ces deux fractions texturales sous le vent de la palissade. Ceci s'accompagne d'un accroissement de la teneur en C et N. En fin de saison des pluies, on a dénombré 13 espèces d'herbacées en 2005, 29 espèces en 2006 et 59 espèces en 2007, réparties respectivement en 8, 18 et 20 familles. L'indice de spécificité est passé de 3,6 en 2005 à 6,8 en 2007. La biomasse herbacée sèche est maximale immédiatement sous le vent des palissades exposées à l'harmattan et à la mousson, où elle atteint 200 g/m2. Ceci contribue vraisemblablement à l'enrichissement en C et N du sol. La fixation de dunes avec des palissades de Leptadenia laisse entrevoir une restauration rapide du milieu mais la pérennisation de cette restauration nécessitera une réflexion quant à la gestion optimale des espaces réhabilités.
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Citations

Tidjani, A. D., Ambouta, J.-M., & Bielders, C. (2009). Réhabilitation d’une dune vive par fixation mécanique: flux éoliens, fertilité du sol et biodiversité des herbacées. Geo-Eco-Trop, 33, 81-98. https://hdl.handle.net/2078.5/251570 (Original work published 2009)