Nomologie et phénoménologie de la fragmentation du monde

Bissue Bi Nze, Archange
(2024) Le commerce mondial dans un monde fragmenté : effets et risques — Location: Université Mohammed V de Rabat (Maroc) (5.December.2024)

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  • Bissue Bi Nze, ArchangeUCLouvain
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La fragmentation du monde est une réalité empirique (elle est perceptible et attestée) et une vérité scientifique (elle est vérifiable et a donné lieu à des questionnements qui l’ont confirmé). Elle a nourri plusieurs analyses allant de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide. La crise sanitaire de la COVID-19, la guerre en Ukraine et la guerre à Gaza ont remis à la surface la problématique de la fragmentation du monde. Est-ce dans la même optique que s’inscrit cette réflexion ? Nous répondons par la négative, en ce sens que nous ne ravivons pas la discussion sur la fragmentation du monde. Au contraire, nous présentons les principes sur lesquels elle repose et les phénomènes qui la traduisent. Ainsi, nous identifions quatre éléments de chaque aspect. D’une part, les principes sont les suivants : le partage d’éléments communs (ex : les valeurs occidentales) ; l’ordre international (ex : ONU) et la hiérarchie mondiale (il n’y a pas une, mais des ordres hiérarchiques, d’où le terme d’hétérarchie) ; la différenciation et les spécificités (ex : la multiculturalité) ; et la reconnaissance internationale (ex : la recherche d’État à un traitement égalitaire). D’autre part, au titre des phénomènes, nous avons : la fragmentation politique (ex : les pays riches, les pays émergents, les pays moins avancés, les pays pauvres) ; la fragmentation géographique (ex : intercontinentale entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe, et intracontinentale, le cas des CER comme la CEDEAO, la CELAC ou la CE) ; la fragmentation géopolitique (ex : l’existence des sphères d’influence, les pays du Nord et les pays du Sud, les grandes puissances et les BRICS influencent la politique mondiale) ; la fragmentation économique et géoéconomique (ex : G7, G8, G20, BRICS). Un regard panoramique sur le multilatéralisme sous le prisme de la sécurité internationale permet de retracer brièvement, en quatre périodes, la fragmentation du monde entre le XXe et le XXIe siècle : la période bipolaire (Est-Ouest) ; la fin de la Guerre froide (Nouvel ordre mondial) ; l’après 11 septembre 2001 (la préférence du lawfare au détriment du RBO) ; depuis le 24 février 2022 (début de la guerre en Ukraine). Il ressort de notre examen, qu’en ces temps d’incertitude sur la scène internationale, il est improbable d’attester que la fragmentation du monde s’estompera à la lecture des turbulences des relations internationales. Pour arriver à cette conclusion, le réflexivisme et le réalisme constructiviste ont servi de boussole à l’étude nomologique et phénoménologique de la fragmentation du monde pour deux raisons : 1/ La fragmentation du monde s’inscrit dans un relativisme continu alimentant la réflexion et les perceptions des acteurs ; 2/ La fragmentation du monde est un processus dans lequel sont confrontées les normes, les idées, les valeurs dichotomiques et les ambitions stratégiques (politiques, militaires, économiques, etc.) des États.
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Bissue Bi Nze, A. (2024). Nomologie et phénoménologie de la fragmentation du monde. Le commerce mondial dans un monde fragmenté : effets et risques, Université Mohammed V de Rabat (Maroc). https://hdl.handle.net/2078.5/248609