Du self-paced reading à l’eye-tracking. Études expérimentales des effets cognitifs du langage inclusif

(2025) Colloque international annuel de l’Association for French Language Studies (AFLS) - Le français en marche et en marge(s) — Location: UCLouvain - Saint-Louis (Bruxelles) (1.July.2025)

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Le langage inclusif vise à instaurer une parité entre les femmes et les hommes dans le discours oral et écrit, soit par le dédoublement des marques de genre, soit par leur neutralisation (Rosier & Rabatel, 2019). Depuis l'automne 2017, certaines pratiques suscitent d'intenses débats dans la sphère francophone. Deux arguments principaux sont avancés : d'une part, l'emploi de doublets abrégés (ex. avocat·e, comédien·ne, agriculteur·rice) serait une entrave à la lecture, en particulier pour les personnes avec un faible niveau de littéracie ; d'autre part, sur le plan grammatical, le masculin générique permettrait d'englober les femmes et les hommes sans devoir recourir à d'autres techniques. Malgré leur prévalence dans le débat public, ces arguments ne sont pas toujours suffisamment étayés par des données scientifiques, pourtant disponibles et susceptibles de faire progresser ces débats (par ex. Gygax & Gesto, 2007 ; Liénardy & al., 2023 ; Girard & al., 2024). Lors de cette communication, nous avons présenté les résultats d’une étude menée en self-paced reading (Liénardy & al., 2023) portant sur les effets du langage inclusif sur la lisibilité et les représentations mentales. Cette première partie nous a permis de discuter les apports de cette étude ainsi que ses limites méthodologiques et théoriques. Dans un second temps, nous avons présenté de manière prospective les dispositifs expérimentaux de trois études en cours de développement, mobilisant les techniques d’oculométrie (eye-tracking) pour étudier les effets cognitifs du langage inclusif, tant à l’écrit qu’à l’oral. Ces études visent à dépasser les limites des approches précédentes en s’intéressant à deux axes principaux : (1) les effets du langage inclusif sur la lecture de personnes dyslexiques ou en difficulté de lecture, souvent citées mais rarement étudiées empiriquement dans les débats publics ; et (2) les effets du langage inclusif sur les représentations mentales de genre, notamment à travers l'utilisation du paradigme du monde visuel.
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Citations

Liénardy, C., Simon, A.-C., & et al. (2025). Du self-paced reading à l’eye-tracking. Études expérimentales des effets cognitifs du langage inclusif. Colloque international annuel de l’Association for French Language Studies (AFLS) - Le français en marche et en marge(s), UCLouvain - Saint-Louis (Bruxelles). https://hdl.handle.net/2078.5/247624