Inventorier, publier, étudier. Naissance de la médiévistique en Belgique, du Romantisme à Henri Pirenne

(2015) La naissance de la médiévistique. Les historiens médiévistes et leurs sources en Europe (XIXe-début du XXe siècle) — Location: Nancy (Université de Lorraine, en coll. avec l’E.P.H.E. et avec l’université Paris-Est-Créteil) (8.November.2012)

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La communication examine le développement de la médiévistique en Belgique, des années qui précèdent l’Indépendance jusqu’à Henri Pirenne. On s’interroge sur la manière dont les savants, de façon individuelle ou collective, ont conçu un Moyen Âge « belge » et produit un corpus de sources ad hoc. L’attention savante portée au Moyen Âge en Belgique au 19e et au début du 20e siècle ne saurait être dissociée du contexte socio-politique et culturel général où elle s’enracine. Le royaume de Belgique se trouve à partir de 1830 dans la situation paradoxale d’être à la fois un État neuf et un pays ancien. Dans une première phase, le regard sur le passé médiéval s’inscrit en outre tout naturellement dans une double perspective romantique et nationale. Très vite, le souci se fait jour de publier les monuments du passé national. Se posent évidemment différentes questions, dont celles des frontières extérieures et des langues, déterminant à la fois la constitution d’un corpus de sources et la perspective selon laquelle étudier celles-ci. Durant cette première phase, il semble que le Moyen Âge ne soit pas nécessairement « isolé » comme période en soi, mais souvent inclus dans la période plus large de la « Belgique ancienne », en l’occurrence antérieure à l’annexion française de 1795. En outre, le travail est souvent réalisé soit par des hommes de lettres et des polygraphes, soit par des historiens ou archivistes autodidactes. C’est toutefois de cette époque que date la mise en place des principales infrastructures qui vont assurer la mise en ordre et la publication des sources (Commission royale d’Histoire, Archives de l’État, cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale, Commission royale des anciennes lois et ordonnances). Il conviendra d’évoquer le « printemps manqué » de l’érudition, ainsi que les liens entre étude du Moyen Âge, nationalités (mouvement flamand, « race » belge et origines de la frontière linguistique) et conscience politique libérale (les « anciennes démocraties » urbaines). Une seconde phase est marquée par le développement d’une science historique et philologique qui fait, beaucoup plus nettement, du Moyen Âge « belge » un objet particulier. Cette phase est marquée par de grandes figures (Kurth, Pirenne, Berlière) et par le développement des sciences auxiliaires dans l’enseignement universitaire. Cette médiévistique belge de la Belle Époque et des débuts du 20e siècle s’insère en outre pleinement dans son contexte international.
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Bousmar, E. (2015). Inventorier, publier, étudier. Naissance de la médiévistique en Belgique, du Romantisme à Henri Pirenne. In Isabelle Guyot-Bachy, Jean-Marie Moeglin (éd.) (ed.), La naissance de la médiévistique. Les historiens et leurs sources en Europe (XIXe-début du XXe siècle). Actes du colloque de Nancy, 8-10 novembre 2012 (p. p. 57-79). Droz. https://hdl.handle.net/2078.5/246101