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Le délai comme violence institutionnelle : Compression et étirement des procédures migratoires aux frontières extérieures européennes
Les phénomènes migratoires relèvent dans une logique avant tout spatiale : migrer c’est bouger, c’est se déplacer d’un pays à un autre. Mais les migrations s’inscrivent aussi dans des logiques temporelles, plus rarement analysées. Cette contribution vise à combler ce déficit analytique en interrogeant les temporalités différenciées dans lesquelles se déploient les procédures d’entrée aux frontières extérieures européennes. Elle s’inspire à la fois de l’approche de la gouvernementalité – qui conçoit le temps comme un instrument de pouvoir – et de la sociologie des organisations, considérant les délais comme marqueurs de l’organisation sociale . Empiriquement, elle croise et compare les données et résultats tirés de deux enquêtes distinctes sur des politiques de gestion des mobilités humaines caractérisées soit par l’étirement soit par la compression de la temporalité des procédures administratives. La première enquête illustre un cas d’étirement du temps procédural au départ d’une étude de la mise en œuvre de la politique de visa Schengen en Algérie. Elle révèle que les demandeur·ses de visa de nationalité algérienne sont non seulement découragé·es par des taux de refus particulièrement élevés (30 à 50% en fonction des États membres), mais aussi par l’allongement des délais d’accès à la procédure elle-même. La deuxième enquête examine à l’inverse un cas de compression du temps des procédures. Elle porte sur le règlement de l’Union européenne relatif à une procédure de filtrage préalable des migrants irréguliers se présentant aux frontières européennes. Elle souligne la détérioration des droits des personnes résultant de la généralisation de procédures accélérées de tri des personnes migrantes. Ensemble, ces deux enquêtes mettent en lumière les usages politiques des délais des procédures d’entrée dans l’UE. Elles montrent en particulier que la production de temporalités différenciées contribue à la précarisation des personnes, mais aussi à des formes de discrimination entre personnes migrantes ou simplement en quête de mobilité.
Juliette Dupont, Duez, D., & et al. (2025). Le délai comme violence institutionnelle : Compression et étirement des procédures migratoires aux frontières extérieures européennes. Journée d’étude “Temporalités des frontières & gestion des migrations”, UCLouvain. https://hdl.handle.net/2078.5/245072