Dans le contexte des tensions qui entourent les démocraties représentatives contemporaines, l’augmentation de la participation politique des citoyennes dans la gestion des affaires publiques est parfois présentée comme une solution permettant de réconcilier les citoyennes avec leurs institutions représentatives et les élues qui les composent. En effet, l’une des critiques régulièrement formulées à l’encontre du régime représentatif est qu’il prévoit peu de place pour une participation directe des citoyennes. La démocratie participative vise à compléter ce régime et désigne « l’ensemble des procédures, instruments et dispositifs qui favorisent l’implication directe des citoyens dans le gouvernement des affaires publiques »1. Cette démocratie participative est parfois également délibérative. Cette conception vise à faire évoluer la légitimité démocratique d’un modèle d’agrégation des votes (« Pour prendre une décision, votons et comptons les voix ») vers un modèle de délibération (« Pour prendre une décision, délibérons et laissons entendre nos voix »). Dans cette perspective, la délibération va plus loin que la participation, en insistant sur l’échange d’arguments pouvant conduire à la transformation des préférences individuelles et collectives. En d’autres termes, la délibération repose sur la participation, mais la participation ne repose pas nécessairement sur la délibération et peut consister en une « simple » consultation.
Bottin, J., & Reuchamps, M. (2024). La démocratie participative, un nouveau levier citoyen ? L’Esperluette, 121(1), 4-5. https://hdl.handle.net/2078.5/243929 (Original work published 2024)