Des femmes germanophones dans la répression des collaborations par la Belgique. Le cas du centre d’internement pour inciviques d’Eupen (1944-1945)

(2024) Journée internationale d’histoire du droit et des institutions “Droit et présence militaire” — Location: Dinant (10.May.2024)

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En septembre 1944, le centre d’internement pour inciviques d’Eupen ouvre ses portes pour accueillir les suspects de collaboration, nombreux dans la région. Territoire annexé par la Belgique suite au premier conflit mondial, la région d’Eupen-Malmedy redevient allemande en 1940. Cette nouvelle annexion entraîne, par l’acquisition en 1941 de la nationalité allemande, un service militaire obligatoire dans l’armée allemande pour les jeunes hommes tandis que la société dans son entièreté est quadrillée par diverses associations du régime national-socialiste. Les jeunes filles sont ainsi appelées à intégrer volontairement, puis obligatoirement, la section féminine des Hitlerjugend, les Bund Deutscher Mädel. Cette intégration du territoire en fait un cas particulier dans la répression des collaborations par la Belgique. Dans les cantons de l’Est, environ un dixième de la population est concernée par la mesure d’internement, tandis qu’au total 25% de la population dans la région est poursuivie. Pour cette communication, nous présentons la mise en place de ce cadre législatif à travers le cas du centre d’internement pour inciviques d’Eupen et sa population féminine. Nos recherches s’appuient sur les archives administratives du centre ainsi que celles du Haut-Commissariat à la Sécurité de l’État, que nous avons recoupé avec des témoignages et des recherches précédentes, utilisées à titre de comparaison, sur le centre d’internement de Verviers. Quelque peu oubliées par les recherches scientifiques, les femmes constituent pourtant une part non négligeable de la population internée dans les cantons de l’Est – 23,48% pour le centre d’internement d’Eupen. Notre présentation a pour objectif de remédier à ce vide par l’analyse de la position particulière occupée par les femmes en mobilisant le concept d’intersectionnalité. Celui-ci vise à mettre en lumière les multiples inégalités vécues par ces femmes durant la répression des collaborations. Largement intégrées dans les structures associatives allemandes depuis l’annexion de la région, elles ont subi une répression double : à la fois comme habitantes germanophones des cantons de l’Est soumises aux mesures propres au territoire, et comme femmes au regard d’une assignation de rôles genrés qu’elles ont pu transgresser.
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  • Ecole Royale MilitaireChaire de droit

Citations

Roberti-Lintermans, M. (2024). Des femmes germanophones dans la répression des collaborations par la Belgique. Le cas du centre d’internement pour inciviques d’Eupen (1944-1945). Journée internationale d’histoire du droit et des institutions “Droit et présence militaire”, Dinant. https://hdl.handle.net/2078.5/243813