Issu d’une thèse de doctorat, l’ouvrage de Dave Guénette s’intéresse à la manière dont les constitutions sont modifiées dans les sociétés fragmentées. Il constitue à nos yeux un apport précieux à la science constitutionnelle, au moins à deux titres. Le premier, c’est de participer au renouvellement de la théorie du fédéralisme à travers son application à des contextes marqués par des clivages notamment linguistiques. Ces clivages ne traversent pas les sociétés américaine ou allemande, dont les institutions servent traditionnellement de modèle à cette théorie. Le deuxième intérêt de l’ouvrage est d’ordre doctrinal. On y trouvera la description rigoureuse des règles relatives à la révision constitutionnelle en Belgique, au Canada et en Suisse, en évitant les écueils comparatistes de la superficialité ou du manque de référencement à la littérature produite par des chercheurs « locaux ». Le propos ne se limite pas aux quelques articles que les constitutions consacrent à cette fonction, mais embrasse un ensemble plus large de traits institutionnels et de données historico-politiques qui l’influencent. La description présente aussi pour vertu d’informer le lecteur d’une série de spécificités procédurales : pensons au droit de retrait ou au droit d’initiative provincial que l’on retrouve tous deux dans le droit constitutionnel canadien, aux groupes linguistiques en Belgique ou à la garantie fédérale des constitutions cantonales suisses.
El Berhoumi, M. (2025). Recension de D. Guénette, Le fédéralisme consociatif et la révision constitutionnelle. Perspective comparative sur la Belgique, le Canada et la Suisse. Droit et Société, 2025(1), 1. https://hdl.handle.net/2078.5/243426 (Original work published 2025)