Les théories profanes dans la recherche sur les publics de la mé-/désinformation : de la définition du concept à l’opérationnalisation méthodologique

(2022) Journée d’études - Appréhender les publics : perspectives théoriques et approches méthodologiques — Location: Lannion (1.December.2022)

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La quantité de recherches menées ces dernières années sur la mé-/désinformation montre l'importance de ce sujet dans le monde académique. Jusqu'à présent, les recherches se sont principalement consacrées à définir et typologiser les « fausses nouvelles », à saisir la nature et l'étendue du problème, et à élucider les facteurs qui, favorisent la croyance dans ces fausses nouvelles ainsi que leur circulation au sein des réseaux socionumériques (Tandoc, 2019). Notre recherche s’inscrit dans la veine des études sur les publics de la mé-/désinformation (Wagner & Boczkowksi, 2019) tout en se concentrant plus particulièrement sur la manière dont les individus problématisent les relations entre mé-/désinformation et la crise de la démocratie (Papacharissi, 2021) – ce que nous appelons les « troubles info-démocratiques ». Nous élaborons cette question à partir du concept de « théorie profane » (notre traduction de « folk theory » en anglais) qui a déjà été utilisé dans les études sur le journalisme et les réseaux socionumériques dans le monde anglo-saxon (voir à ces sujets Nielsen, 2016 ou Ytre-Arne & Moe, 2021) mais dont la pertinence pour les études sur les publics de la mé-/désinformation doit encore être examinée plus avant. En première approximation, une théorie profane peut être définie comme une vision du monde qui procède à des généralisations, qui peut s’appuyer sur diverses ressources, qui est socialement partagée et qui n’est pas soumise aux mêmes règles de validation que les théories scientifiques. Notre question de recherche est donc la suivante : quelles sont les différentes théories profanes des publics des plateformes de réseaux sociaux par rapport aux troubles info-démocratiques ? Méthodologiquement, nous nous appuyons sur une analyse d’entretiens semi-directifs avec des Belges de tous horizons idéologiques qui ont été recrutés via Facebook. Des exemples de fausses informations et de fact-checks ont été utilisés lors des entretiens afin de favoriser la conversation avec les informateurs. Dans cette communication, nous tâcherons dans un premier temps de préciser la manière dont nous avons défini le concept de théorie profane en tant que discours au travers duquel les individus donnent sens aux troubles info-démocratiques. Dans un second temps, nous présenterons notre opérationnalisation méthodologique de ce concept pour la collecte, le codage et l'analyse des entretiens semi-directifs, en veillant à mettre en discussion les choix ou enjeux auxquels nous avons été confronté·es à différents moments de la mise en œuvre méthodologique. Enfin, une brève présentation des résultats de notre analyse nous permettra de pointer quelques apports et limites d’une approche des publics de la mé-/désinformation centrée sur les théories profanes. References : -Nielsen, R., (2016). Folk Theories of Journalism, Journalism Studies, 17:7, 840-848. -Papacharissi, Z. (2021). After Democracy. Imagining Our Political Future. Yale University Press. -Tandoc, E. C. (2019). The facts of fake news: A research review. Sociology Compass, 13:9, 1-9. -Wagner, M. C., & Boczkowski, P. J. (2019). The Reception of Fake News: The Interpretations and Practises That Shape the Consumption of Perceived Misinformation. Digital Journalism, 7(7), 870-885. -Ytre-Arne, B., & Moe, H. (2021). Folk theories of algorithms: Understanding digital irritation. Media, Culture & Society, 43(5), 807-824.
Affiliations

Citations

Wiard, V., Patriarche, G., Dufrasne, M., & Rasquinet, O. (2022). Les théories profanes dans la recherche sur les publics de la mé-/désinformation : de la définition du concept à l’opérationnalisation méthodologique. Journée d’études - Appréhender les publics : perspectives théoriques et approches méthodologiques, Lannion. https://hdl.handle.net/2078.5/243017