L’ethnographie du lisalisi dans l’église sanierienne en R.D. Congo : pouvoirs et ambiguïté du rite de guérison

Mwanangani Mawete, Adelin
(2024)

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  • Mwanangani Mawete, AdelinUCLouvain
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Supervisors
Laurent , Pierre-Joseph
;
Servais , Olivier
Abstract
Lisalisi, rite de guérison, qui a fait l’objet de cette recherche est pratiquée par l’Église sanierienne. Celle-ci est le développement d’un mouvement « religiothérapeutique », Nzambi Malembe, fondé par le prophète Sanier Alaver Raphaël dans les années 1932-1962, dans la province du Kwilu, territoire d’Idiofa et secteur administratif de Kapia en République Démocratique du Congo. Le terrain est délimité à la ville de Kinshasa, la cité (commune rurale) de Mangai et le village Lwalab. Lisalisi, rite de guérison, confirme les conflits, les désordres et les crises sociales qui conduisent à la « maladie ». Et il se fait restaurateur et régulateur de l’harmonie entre les membres de la société (les vivants et les morts) et des comportements des individus. Il vise la guérison intégrale du corps humain et du corps social. Ce rite est l’exercice des « pouvoirs » coutumiers traditionnels ngwi combinés avec le capital chrétien dans le but de lutter contre tout ce qui traumatise et déshumanise l’homme. Tout en révélant le procès que les autorités en connivence avec les forces invisibles intentent à leur propre société, au sein de laquelle ces autorités jouent un rôle à la fois policier, judiciaire et moraliste, lisalisi est en même temps le procès de la même société. Lisalisi est un ensemble d’actes humano-surnaturels qui constituent une manière de maintenir, de transmettre et perpétuer les croyances, les « valeurs » culturelles locales (traditionnelles et ancestrales) et les valeurs chrétiennes. Il participe la cristallisation du capital culturel traditionnel et à l’éducation sociale permanente de tous, même des adultes. Ce rite expose toute la conception de la vie, de la mort, des rapports multiples de l’homme avec la nature, avec les défunts (les ancêtres) et avec les vivants. Il est le nouveau refuge de la population traumatisée par les insécurités multiples qu’elle vit. Cette œuvre thérapeutique, produit d’un bricolage syncrétique où l’ancien et la modernité, le chrétien et le coutumier local cohabitent, se rencontrent et composent, est chargée d’ambiguïté et/ou d’ambivalence.
Affiliations

Citations

Mwanangani Mawete, A. (2024). L’ethnographie du lisalisi dans l’église sanierienne en R.D. Congo : pouvoirs et ambiguïté du rite de guérison. https://hdl.handle.net/2078.5/242702