Dans le cadre d’un projet visant à établir une procédure de segmentation du discours oral en unités minimales (MDU) sur la base de critères syntaxiques et prosodiques , nous avons été confrontées à la difficulté de traiter à parts égales la contribution de la prosodie et de la syntaxe à l’organisation du discours oral, sans donner priorité à l’une ou à l’autre dimension. Quand il s’agit de modéliser l’organisation de la langue parlée et, pour ce faire, de la segmenter en unités, la plupart des approches privilégient soit les observables syntaxiques (Blanche-Benveniste et al. 1990 ; Roulet et al. 2001 pour la définition des actes de discours ; Berrendonner 1990 pour la segmentation en clauses), soit les observables prosodiques (Lacheret-Dujour & Victorri 2002). À cette priorité donnée à l’une ou l’autre dimension, se superpose la conception du discours (oral), tantôt comme un produit fini, achevé, dont l’analyste donne après-coup la structuration – ou comme un phénomène en cours de production Notre approche se fonde sur une double annotation, syntaxique et prosodique, et sur la mise en relation systématique des unités issues des deux analyses. L’analyse syntaxique se fonde sur la syntaxe de dépendance et en particulier sur l’analyse en séquences fonctionnelles (Bilger & Campione 2002). À un premier niveau, on segmente la transcription en éléments pris dans une construction régie (séquence sujet, séquence verbe, séquence objet, séquence régie ) ; les éléments non régis (inserts, séquence adjoint) sont annotés également, ainsi que les marqueurs de discours et les connecteurs. Au niveau supérieur, les éléments régis sont regroupés en unités de rection, de différents types. Les adjoints, les marqueurs de discours et les connecteurs ne sont pas intégrés dans ces unités de rection.
Degand, L., & Simon, A.-C. (2010). L’analyse en unités de base du discours – pourquoi et comment. Unités syntaxiques et unités prosodiques. Journée d’étude internationale, Paris 3. https://hdl.handle.net/2078.5/241817