Depuis plus de vingt ans, Bruxelles redécouvre ses traces et vestiges coloniaux grâce au travail et aux actions de collectifs militants. Des débats importants, parfois rudes, n’ont cessé d’avoir lieu et ont été accélérés, en 2020, par le mouvement Black Lives Matter suite au meurtre de George Floyd. Des statues, des bustes, des noms d’artères, des slogans de propagande, des représentations racistes suscitent un regain d’intérêt, d’une part pour ce qui s’exprime dans l’espace public, d’autre part pour l’histoire coloniale belge. Médiatiquement, l’attention a été centrée sur les quelques disparitions, « déboulonnages » nocturnes, occultant peut-être d’une part le travail de fond de contextualisation opéré – souvent à bout de bras – par une poignée d’associations et de personnes désireuses de faire vivre le débat mémoriel autour de la colonisation et, d’autre part, la mise en route de processus démocratiques dans certaines communes, dont les compétences restent importantes en matière d’aménagement de l’espace public. Nous proposons ici de revenir sur trois de ces initiatives citoyennes et communales à Ixelles, Etterbeek et Schaerbeek, pour mieux comprendre les discussions et tentatives de décolonisations en cours.