(fr) Dans ce chapitre, nous souhaitons évoquer trois dimensions liées à l’échelle phénoménologique EASE (Examination of Anomalous Self-Experience) et aux anomalies de l’expérience de soi dans la schizophrénie. La première partie de notre contribution a pour objectif de situer EASE dans le débat scientifique contemporain et de discuter d’une série d’enjeux épistémologiques liés à l’échelle développée par Josef Parnas et son équipe de recherche de Copenhague. La seconde partie discutera de la dimension narrative de l’échelle et des paradoxes liés à l’expressivité de phénomènes qui, pour une part d’entre eux, sont généralement tacites et prélangagiers. Ensuite, en guise de troisième partie, nous faisons une proposition clinique originale concernant l’acquis, pour les patients, de la passation de EASE. Pour ce faire, nous interrogerons les modalités pratiques observées chez certains patients souffrant de schizophrénie pour « faire avec » les anomalies de l’expérience révélées et coconstruites par l’examen clinique. Nous convoquerons à cet effet la notion de « truc », discuterons du bricolage expérientiel réalisé par la personne avec schizophrénie et évoquerons le potentiel thérapeutique d’une telle observation.
Englebert, J., & Cermolacce Michel. (2024). Les paradoxes de l’indicible dans EASE. Cercle Herméneutique (Le). Published. https://hdl.handle.net/2078.5/235071 (Original work published 2024)