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La nécessité politique de la reconnaissance d’une altérité critique entre humains et animaux

(2024) Troisièmes Rencontres de la SFPJ — Location: Strasbourg (2024.September.26AD)

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Dans son ouvrage L’ouvert qui décrit la « machine anthropologique », cette mécanique de séparation des catégories humain et animal comme moteur souterrain de l’histoire occidentale, Agamben déclare que « ce ne sont peut-être pas seulement la théologie et la philosophie, mais aussi la politique, l’éthique et la jurisprudence, qui sont en tension et en suspend dans la différence entre l’homme et l’animal » (Agamben, 2006). Pourtant, deux enjeux contemporains nous enjoignent à dépasser cette distinction fondatrice entre homme et animal. D’abord, la pensée dualiste moderne formulée notamment par Descartes qui nous appelle à nous rendre « maitre et possesseur de la nature » composée d’animaux-machines aurait permis le développement de l’extractivisme capitaliste qui a produit la crise écologique globale (Latour, 2004). D’autre part, l’anthropologie a montré que cette modalité de distinction humain/animal était contingente à l’occident moderne, et qu’elle est l’une des matrices du colonialisme en discréditant comme superstitions toutes les formes non Occidentales de valorisation sacrées ou métaphysiques des non-humains (Descola, 2005; Meziane, 2023). Nous sommes donc appelés, pour des impératifs d’interculturalité et d’écologie entremêlés, à dépasser ce dualisme et les catégories juridiques, morales et politiques qui en découlent ainsi que le proposent les pensées dites « hybridistes » (Haraway, 1999; Latour, 2004). Cependant, cet hybridisme brouille les catégories mêmes qui pourraient nous permettre de penser ces enjeux. Par exemple, sans « exceptionnalisme humain » au sein du règne naturel, il n’est plus possible de fonder notre responsabilité dans son dérèglement que l’on appelle parfois Anthropocène (Malm, 2023). De même, tenter de repenser la place de l’humain au sein d’une communauté sensible animale, réduite à l’expérience de la douleur, revient à remplacer la politique par la pitié (Afeissa, 2021). Face à ce risque d’effondrement de l’homme sur l’animal, il nous semble nécessaire de refonder une altérité critique. Nous proposons de partir des propositions récentes d’une éthique de la différence d’Afeissa (Afeissa, 2021), d’un retour à une métaphysique plurielle contre l’ontologie de Meziane (Meziane, 2023) et de principe de coexistence non autoritaire des ontologies de Garcia (Garcia, 2023) pour souligner les excès des pensées « hybridistes » et relationnelles tout en étant critique des formes traditionnelles de division entre science, politique et métaphysique. Finalement il s’agit de repolitiser les récits écologiques et en critiquer les expressions apocalyptiques, hybridistes ou techno-solutionnistes.
Affiliations

Citations

Gane, A. (2024). La nécessité politique de la reconnaissance d’une altérité critique entre humains et animaux. Troisièmes Rencontres de la SFPJ, Strasbourg. https://hdl.handle.net/2078.5/234993