Comment protéger la nature quand cette dernière est le résultat d'une construction sociale particulière et limitée? S’inspirant d’une large littérature (anthropologique, environnementale et philosophique), ce travail reconnaît l'interdépendance entre la nature et l’humanité. En conséquence, il cherche à dépasser les « droits de la nature » par un nouveau prisme juridique : le « droit des relations ». À partir d'une perspective interdisciplinaire (droit et philosophie) et assumant une approche constructiviste du droit, ce travail se découpe en trois chapitres. Le premier chapitre mobilise l’anthropologie pour souligner les failles de la distinction entre l’humanité et la nature. Plus précisément en ce qui concerne les peuples autochtones, le droit de l’environnement perpétue un projet néocolonial lorsqu’il protège et impose une définition ontologique de la nature (séparée de la culture) à des peuples qui ne la conçoivent pas. Le second chapitre propose une alternative : le « droit des relations » pour protéger notre relation avec l’environnement (dans toutes ses formes ontologiques). Ce « droit des relations » s’inspire conjointement du Collectif latourien et du Commoning. Finalement, le troisième chapitre applique ce prisme juridique dans le cadre d’une analyse de la loi « Te Awa Tupua » en Nouvelle-Zélande. Cette loi est remarquable, car elle protège, non pas la nature en soi, mais le « tout indivisible » reliant un ensemble écologique humain et non humain.
Walckiers, P. (2022). Vers un « droit des relations » entre humains et non-humains comme alternative aux droits de la nature. Annales de Droit de Louvain : revue trimestrielle, 84(2022/1), 9-33. https://hdl.handle.net/2078.5/23498 (Original work published 2022)