Nous avons étudié comment un média belge public francophone de premier plan a contribué à façonner l’identité de la figure entrepreneuriale en Belgique sur une période de dix ans (janvier 2014-décembre 2023). Cette période nous a semblé particulièrement intéressante au regard des diverses crises (économique et sanitaire) et mouvements (#MeToo et la lutte pour la préservation du climat) qui l’ont traversé. Sur cette période, en Belgique, malgré les discours et outils institutionnels mobilisés pour soutenir l’entrepreneuriat, notamment en période covid, le dynamisme entrepreneurial reste faible (Iweps, 2024). Par ailleurs, un phénomène de rattrapage s’est enclenché, permettant aujourd’hui d’atteindre un taux de 35% d’entrepreneuriat féminin, même si d’aucuns soulignent qu’à un taux de croissance similaire à celui des trois dernières années, il faudra attendre 2081 pour voir autant d’entrepreneurs que d’entrepreneuses en Belgique (Wallonie Entreprendre, 2024). Nous ne sommes pas les premiers à nous intéresser à la façon dont les entrepreneurs sont discursivement représentés dans les médias. Ces recherches se focalisent principalement soit sur la manière dont les médias traitent l’entrepreneuriat en général (Nicholson et Anderson, 2005 ; Radu et Redien-Collot, 2008) soit sur une analyse par le prisme du genre (notamment Achtenhagen et Welter, 2011 ; Lang et Rybnikova, 2016 sur l’identité des femmes entrepreneures, mais aussi Anderson et Warren, 2011 ; Jernberg, Lindbäck et Roos, 2020 sur des éléments de masculinité). On sait que le langage figuratif mobilisé par les journalistes (notamment les stéréotypes, les métaphores et les mythes) façonne, filtre et fait émerger l’identité de la figure entrepreneuriale (Nicholson et Anderson, 2005).
Jacquemin, A., Escouflaire, L., & Descampe, A. (2024). L’identité entrepreneuriale façonnée par la presse écrite francophone belge : Une décennie de construction fluide aux multiples facettes. 17e congrès CIFEPME, Québec, Canada. https://hdl.handle.net/2078.5/234177