Découvert de manière fortuite en 1982, Quentovic est désormais documenté par au moins deux pôles d’occupation : une nécropole située sur le plateau en usage aux VIe et VIIe siècles et un site d’habitat occupé de la fin du VIe au Xe siècle, fouillé en fond de vallée. Si aucun atelier n’a été identifié au sein de l’habitat, les déchets de production désignent clairement plusieurs pratiques artisanales. La découverte de creusets atteste le travail du verre, les scories et battitures celui du métal, les éclats et perles partiellement façonnées celui de l’ambre, les chutes et découpes celui du cuir, et les pesons et autres outils celui du textile. Enfin, les déchets de production documentent le travail de l’os et du bois de cervidés. Les mobiliers nous informent aussi sur les contacts avec d’autres communautés continentales et outre-mer. Parmi eux, on compte la découverte rare d’un récipient en pierre ollaire et les vestiges métalliques de deux cornes à boire. Bien que cette vision soit encore partielle en l’absence d’une étude complète et normalisée des différentes ensembles mobiliers quoi en proviennent, la présence d’ambre en quantité, d’améthyste, de grenats entre autres, place Quentovic au carrefour de larges réseaux d’échanges, de la Scandinavie à l’Inde.
Leroy, I. (2023). Quentovic - lieu d’échange, point de rencontre des cultures. L’objet mérovingien, de sa fabrication à sa (re-)découverte. 43e Journées internationales de l’AFAM, Liège. https://hdl.handle.net/2078.5/233962