Il est clair qu’au XXe siècle le langage s’est vu attribuer un statut métaphilosophique particulier au-delà du seul champ de la philosophie analytique : c’est évident pour la phénoménologie, et en particulier pour la philosophie de Maurice Merleau-Ponty à partir de la seconde moitié des années 40. Mais un tel constat justifie-t-il que l’on parle à son sujet d’un « tournant linguistique » ? Dans cet article, nous commençons par identifier une formulation pertinente pour cette question, avant d’examiner les éléments de l’œuvre merleau-pontienne qui peuvent être rapportés à une « inflexion expressive », puis de montrer en quoi celle-ci ne relève d’un véritable « tournant linguistique ». En rendant ainsi raison de la spécificité de la démarche merleau-pontienne, nous souhaitons dégager par contraste une forme de confiance dans notre langage comme trait substantiel du linguistic turn.
Roux, J.-M. (2023). Y a-t-il un tournant linguistique merleau-pontien ? Revue philosophique de la France et de l’étranger, 3(148), 160. https://hdl.handle.net/2078.5/233761 (Original work published 2023)