La cruauté des artefacts, l'architecture Que font les artefacts aux humains ?

(2023) Les pages du laa — Vol. 14, n° 36, p. 30 (2023)

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Dans ce numéro des Pages du laa intitulé « La cruauté des artefacts, l’architecture », Jean Stillemans interroge les rapports d’instauration réciproque qu’entretiennent l’architecture et les êtres humains. Inversant la perspective courante selon laquelle les êtres humains sont les producteurs des ouvrages architecturaux, il envisage l’incidence que ces derniers ont sur les premiers. L’auteur soutient la thèse la suivante : l’architecture participe, au même titre que le langage et l’image, à l’instauration d’une coordonnée anthropologique, à savoir : l’espace à trois dimensions. Si le langage déploie une dimension, celle de la chaîne signifiante, et si l’image en développe deux, celles du plan de projection, l’architecture instaure simultanément trois dimensions qui divisent l’espace naturel et dotent celui-ci d’un aplomb, d’une assiette et d’une profondeur. L’opérateur de cette division est le « trièdre architectonique » caractérisé par la rencontre de trois faces orthogonales, qui préfigurent les plans sans épaisseur d’un trièdre géométrique. Si la présence du trièdre architectonique est observable dans de nombreux édifices, elle se manifeste de manière radicale et explicite dans les œuvres de Theo van Doesburg et de Mies van der Rohe. Ainsi, la fonction anthropologique de l’architecture est-elle moins d’envelopper le corps et de conforter son unité compacte que, par l’effet du trièdre architectonique, de l’écarteler, de l’étendre cruellement, selon trois dimensions.
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Citations

Stillemans, J. (2023). La cruauté des artefacts, l’architecture Que font les artefacts aux humains ? Les pages du laa, 14(36), 30. https://hdl.handle.net/2078.5/23311 (Original work published 2023)