Poser la question de l’émotion et de sa régulation demande, dans un premier temps, de rediscuter de deux éléments épistémologiques essentiels : la notion d’équilibre, d’une part, et la place du corps et de sa représentation dans le giron des sciences humaines, d’autre part. C’est après avoir discuté de ces prolégomènes essentiels que nous pourrons exposer la conception phénoménologique que nous proposons de la régulation émotionnelle. Si les conceptions usuelles de la régulation émotionnelle sont de considérer qu’il faut réguler les émotions et trouver les mécanismes favorisant cette rétroaction (dans une optique thérapeutique voire orthopédique), notre conception de la régulation émotionnelle est autre. Il ne s’agit pas de réguler l’émotion mais plutôt de considérer cette émotion comme un phénomène de facto relationnel et inscrit dans la régulation. Nous allons tenter de montrer en quoi sans régulation il n’y a pas d’émotion tout comme il n’y aurait pas de régulation sociale sans émotion.
Gauthier, J.-M., & Englebert, J. (2012). Approche phénoménologique de la régulation émotionnelle. In sous la coordination de Moïra Mikolajczak et Martin Desseilles (ed.), Traité de régulation émotionnelle (p. p. 283-297). De Boeck. https://hdl.handle.net/2078.5/231315