On pourrait s’étonner que l’opéra d’Électre conçu par Strauss et Hofmannsthal soit analysé dans un mélange dédié à un professeur de droit. Comment en effet lier le lyrique au juridique ? N’est-il pas convenu de ranger la musique au rang des émotions et d’élever le droit au rang du rationnel ? Peut-on vraiment défendre sérieusement le droit par le biais d’un drame tragico-musical ? Et pourtant… nous pensons que le détour par cet opéra permet une utile réflexion sur le rôle sociétal du droit et de la justice au départ des travaux de F. Ost. L’oeuvre du début du siècle dernier reprend en effet le mythe grec antique d’Électre, fiction questionnant, soit l’invention de la justice chez Eschyle, soit le triomphe du cercle infernal de la vengeance chez Sophocle. Ce thème du droit et de la justice et son exploration mythologique et littéraire forment, par ailleurs, le coeur de l’ouvrage pionnier de F. Ost en droit et littérature Raconter la loi.
de Clippele, M.-S., Bégasse de Dhaem, P., & et al. (2018). « Le droit avant tout ? ». Réflexions autour de l’Électre d’Hugo von Hofmannsthal et son interprétation musicale par Richard Strauss. In Cartuyvels Yves, Antoine Bailleux, Diane Bernard, Hugues Dumont, Delphine Misonne, Sébastien Van Drooghenbroeck (ed.), Le droit malgré tout (Presses de l’Université Saint-Louis - Bruxelles (Bruxelles), p. p. 633-658). https://hdl.handle.net/2078.5/227123