À l’époque moderne, il était d’usage, lors de la défense de thèses visant l’obtention d’un grade, d’en imprimer les conclusions afin de les diffuser auprès du public. À partir du XVIIe siècle, des gravures prirent place autour du texte de ces affiches. C’est cette pratique propre à l’art baroque que cet article se propose d’étudier. Il convient d’abord de resituer ces matériaux iconographiques dans le contexte festif de la défense publique, spectacle destiné à une audience aristocratique et cultivée. Les cérémonies entourant les soutenances académiques ont laissé très peu de traces, à l’exception des affiches illustrées et dans certains cas, des livrets d’éloge gravés qui les accompagnaient. De tels documents donnent à voir un témoignage, toutefois idéalisé, de l’événement. Ils condensent ainsi le temps de l’éphémère et le temps de la mémoire. À ce titre, les gravures peuvent être considérées à leur tour comme une performance, une recréation matérielle du déploiement festif. Nous envisagerons donc à la fois les dispositifs de mise en scène préparés pour la circonstance et les mécanismes visuels qui permettent de faire événement dans ces images.
de Mûelenaere, G. (2019). “Omnia singularem disputationi conciliabant celebritatem”. Les défenses de thèses dans les Pays-Bas espagnols. In Ralph Dekoninck, Maarten Delbeke, Annick Delfosse, Koen Vermeir, Caroline Heering (eds.) (ed.), Cultures du spectacle baroque entre Italie et anciens Pays-Bas (pp. 319-336). Institut Historique Belge de Rome. https://hdl.handle.net/2078.5/226959