Le monde imaginaire. Depuis la phénoménologie matérielle de Michel Henry 

Lorelle, Paula
(2018) “37ème congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (ASPLF)”. « L’imagination » — Location: Rio de Janeiro, Brésil (1.March.2018)

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  • Lorelle, PaulaUCLouvain
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Quel monde nous donne l’imagination ? L’imagination doit-elle être conçue comme une faculté de représentation, constitutive d’un monde objectif ? Ou se fait-elle au contraire le lieu d’un pur rapport affectif à soi, constitutive d’un monde de part en part pathétique ? C’est à cette interrogation que notre présentation espère répondre depuis l’exposition et l’interrogation critique du rôle de l’imagination dans la phénoménologie matérielle de Michel Henry. Dans L’essence de la manifestation, l’imagination apparaît d’abord à l’aune de la lecture heideggérienne de Kant : comme un pouvoir d’objectivation, constitutif de l’horizon d’un monde objectif. Seulement, l’imagination s’annonce depuis Kant, comme étant créatrice et réceptive à la fois, affectée dit Henry par cet horizon qu’elle a elle-même formé. Comment donc l’imagination peut-elle s’affecter elle-même si elle est toute entière transcendance, projection vers l’extérieur de l’horizon du monde ? Contre l’interprétation heideggérienne du schématisme kantien, l’acte imaginatif doit dès lors être soustrait à son propre produit, pour être compris en son sens originaire depuis l’intériorité d’une « conscience sans monde », comme l’auto-affection pathétique de l’immanence. Mais le monde imaginaire, produit par l’imagination ainsi comprise, reste-t-il dès lors un monde objectif ? Son fondement affectif et immanent ne le transforme-t-il pas du tout au tout jusqu’à nous permettre de repenser le monde imaginaire comme étant de part en part transi de ce pur rapport à soi, invisible et pathétique ? C’est ce que semble affirmer Michel Henry dans Voir l’invisible, son essai sur Kandinsky, traitant d’un art abstrait qui, soustrait à l’art figuratif objectivant, nous permet à la fois de repenser l’imagination comme cette faculté d’expression de l’intériorité de la vie, en deçà de toute représentation, et de repenser le monde comme le lieu même de cette expression imaginaire. Plus que ça, ne peut-on aller jusqu’à repenser le monde imaginaire comme un monde lui-même pathétique, non seulement affectant mais affecté, à savoir, comme un monde vivant ? Bibliographie principale M. Heidegger, Kant et le problème de la métaphysique, Gallimard, Paris, 1981. M. Henry, L’essence de la manifestation, Presses Universitaires de France, Paris, 1963. M. Henry, Voir l’invisible. Sur Kandinsky, Puf, Paris, 2005.
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Citations

Lorelle, P. (2018). Le monde imaginaire. Depuis la phénoménologie matérielle de Michel Henry . “37ème congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française (ASPLF)”. « L’imagination », Rio de Janeiro, Brésil. https://hdl.handle.net/2078.5/22385